DURBAN (Afrique du Sud), 3 août (AFP) - Une conférence nationale sur le sida s'est ouverte dimanche à Durban sur fond de menaces de poursuites contre le gouvernement sud-africain pour son refus d'adopter les mesures qui pourraient sauver les quelque 1.000 personnes succombant chaque jour dans le pays des effets de la maladie.
Lors de la cérémonie d'ouverture, les discours du vice-président Jacob Zuma et de la ministre de la Santé Manto Tshabalala-Msimanga ont été perturbés par des activistes de la Campagne d'action pour le traitement (TAC), un groupement d'organisations privées et non-gouvernementales pour la lutte contre le sida.
M. Zuma a été sifflé lors de son allocution, ainsi que la ministre Manto Tshabalala-Msimanga qui a également été interrompue par des slogans "Honte à vous!" et "Traitement pour le sida maintenant!".
Martelant ses mots pour se faire entendre, la ministre a défendu l'action de son gouvernement, expliquant que les traitements anti-rétroviraux ne pouvaient pas être prescrits "comme des cachets d'aspirine" et qualifiant de "politiquement dangereuses" les déclarations des activistes accusant le gouvernement "d'action de génocide" en restreignant l'accès au traitement.
Tout au long de son allocution, des activistes ont brandi des panneaux déclarant: "Deux pilules par jour = des vies sauvées".
Selon des statistiques de l'Onu, 360.000 décès imputés au sida ont été décomptés en 2001 en Afrique du Sud, soit une moyenne de 986 par jour. Le pays compte l'un des taux d'infection par le virus VIH les plus élevés au monde.
La polémique sur l'accès aux anti-rétroviraux a été ravivée cette semaine par un avis du Conseil gouvernemental de contrôle des médicaments (CCM) remettant en cause l'efficacité du traitement par la Nevirapine pour éviter la transmission du virus à l'embryon. Le CCM fonde son avis sur des "vices de forme" relevés dans une étude récente menée en Ouganda pour démontrer l'efficacité de la Nevirapine, médicament agréé par les agences de l'Onu.
L'étude ougandaise n'avait pas fait l'objet d'une demande préalable exhaustive de validité auprès de la Food and Drug Administration (FDA) américaine, et ses conclusions s'en trouvent en conséquence invalidées, avait indiqué le 30 juillet Precious Matsoso, responsable du CCM.
Quelques heures avant l'ouverture de la conférence, la TAC a annoncé son intention de mener une seconde action en justice contre le gouvernement sud-africain pour le contraindre à lancer une campagne nationale de traitement et de prévention du sida.
La TAC "adressera une lettre au gouvernement pour l'informer que nous préparons les dossiers de justice en ce sens", a déclaré à l'AFP Siphokazi Mthathi, porte-parole du mouvement, qui a aussi annoncé le retour à une "campagne de désobéissance civile" pour appuyer son action.
L'an dernier, une première action en justice de la TAC avait contraint le gouvernement à accepter une campagne de prévention centrée sur la transmission du virus VIH de la mère à l'enfant, campagne maintenant menacée par l'avis du CCM.
"Le caractère sûr de la Nevirapine n'a été remis en cause nulle part ailleurs au monde. Le CCM l'a agréée il y a deux ans, et nous ne savons pas ce qui a changé depuis", a commenté M. Mthathi.
Parlant à la presse avant l'ouverture de la conférence, un juge sud-africain de la Cour suprême, Edwin Cameron, a estimé que la pandémie du sida en Afrique du Sud était "considérablement aggravée" par l'absence d'une politique "cohérente et rationnelle" en matière de traitement et de prévention du sida.
"Ce dont l'Afrique du Sud a besoin est une politique holistique et globale qui recouvre tous les aspects du bien-être, de la nutrition aux soins en passant par des dispositions publiques pour la fourniture des médicaments appropriés", a estimé le juge Cameron.
Répondant aux critiques contre le gouvernement, M. Zuma a annoncé dans son intervention que l'Afrique du Sud était "en train de finaliser plusieurs accords internationaux pour assurer un accès aux médicaments pour ceux qui sont infectés par le virus VIH ou qui ont développé la maladie". Mais il n'a pas fourni de détails à ce stade sur la nature de ces accords.
Peter Piot, directeur de Onusida, a souligné dans un message télévisé aux participants de la conférence que la pandémie du sida ajoutait une "nouvelle dimension au fossé entre les munis et les démunis".
"Les riches qui vivent avec le virus ont accès aux traitements anti-rétroviraux, alors que les pauvres qui sont infectés ne peuvent pas se les procurer", a-t-il notamment déclaré.
030803
AF030811_FR
© Agence France-Presse 2003. Tous droits de reproduction et de représentations réservés. Toutes les informations, textes, photos, graphiques reproduites sur ce site ainsi que le logo de l'AFP sont protégés par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'Agence France-Presse. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. http://www.afp.com/
AEGiS is made possible through unrestricted grants from Boehringer Ingelheim, the National Library of Medicine, and donations from users like you. Always watch for outdated information. This article first appeared in 2003. This material is designed to support, not replace, the relationship that exists between you and your doctor.
©1990, 2003 - AEGiS. AEGiS presents published material, reprinted with permission and neither endorses nor opposes any material. All materials appearing on AEGiS are protected by copyright as a collective work or compilation under U.S. copyright and other laws and are the property of AEGiS, or the party credited as the provider of the content.