LIBREVILLE, 22 mai (AFP) - La scolarisation des filles permet de prévenir la pauvreté, constatent les participants à une réunion des Nations unies à Libreville qui tente de corriger les stratégies de lutte contre la pauvreté d'Afrique de l'ouest et du centre en y incluant les enfants.
"Quand la mère a un minimum d'éducation, tous les indicateurs sociaux s'améliorent. Son enfant va à l'école, il est vacciné...", a indiqué à l'AFP un membre du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) au Bénin, Gilles Fagninou, en marge de cette réunion.
Elle sera informée pour se protéger du VIH/sida et éviter les grossesses non désirées, deux fléaux qui touchent en particulier les adolescentes.
"La femme éduquée ira chercher de l'eau potable, même s'il faut la puiser loin du foyer, car un ménage sur deux n'y a pas accès en milieu rural", a expliqué M. Fagninou, chargé de la base de données de l'Unicef "ChildInfo".
La scolarisation dans les 24 pays d'Afrique centrale et de l'ouest est cependant encore très faible, par exemple de 34% en République démocratique du Congo, sauf au Cap Vert et au Gabon où elle est "quasi-généralisée".
Mais la durée et la qualité de l'enseignement ne sont pas pris en compte par les données actuelles.
"Pour que la scolarisation soit efficace, les enfants doivent aller à l'école pendant au moins cinq ans et beaucoup ne le font pas", a ajouté M. Fagninou.
De nombreux enfants n'achèvent même pas la première année d'école primaire, constate dans une récente étude le directeur de la division Afrique du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), Daniel M. Sala-Diakanda.
La progression du taux de scolarisation, surtout chez les filles, a été "beaucoup plus rapide ces deux dernières décennies dans l'ensemble de l'Afrique subsaharienne que dans n'importe quelle autre région du monde", a-t-il dit.
Mais cette évolution s'est faite "au détriment de la qualité de l'enseignement": classes surchargées (dans beaucoup de classes primaires en Afrique centrale, les enfants atteignent, voire dépassent, la centaine), absence de matériel et baisse du niveau d'enseignement.
Dans le même temps, les programmes prioritaires d'éducation prévus par la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FARPC) du Fonds monétaire international tardent à se mettre en place et les niveaux de décaissements effectifs atteignent seulement 30% des montants alloués.
Malgré ce progrès de la scolarisation, les filles constituent dans de nombreux pays une faible proportion des enfants scolarisés. Cette tendance s'accroît en raison de rapports sexuels de plus en plus précoces, obligeant la jeune fille à arrêter ses études, a constaté ce conférencier à la réunion organisée du 20 au 22 mai dans un hôtel de Libreville.
Au Tchad, 40% des filles vont à l'école primaire pour 55% des garçons. Le taux d'analphabétisme chez les femmes atteint 81%, a indiqué Mouguelta Nadjina Nicole, du ministère tchadien de l'Action sociale.
Un programme sur l'éducation des femmes et un appui financier et technique a permis à 500 groupements féminins ruraux d'améliorer le pouvoir d'achat des femmes et les conditions de vie de leur famille, notamment en matière de santé, a-t-elle illustré.
Les femmes scolarisées ont un meilleur accès à l'emploi, dépensent plus d'argent que les hommes pour la nourriture et les médicaments, et réclament l'usage du préservatif.
La réunion de Libreville s'inscrit dans le cadre des objectifs du sommet du Millénaire de 2000 à New York, visant à réduire de moitié la pauvreté dans le monde à l'horizon 2015, en mettant l'accent sur l'éducation et la santé.
030522
AF030576_FR
© Agence France-Presse 2003. Tous droits de reproduction et de représentations réservés. Toutes les informations, textes, photos, graphiques reproduites sur ce site ainsi que le logo de l'AFP sont protégés par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'Agence France-Presse. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. http://www.afp.com/
AEGiS is made possible through unrestricted grants from Boehringer Ingelheim, the National Library of Medicine, and donations from users like you. Always watch for outdated information. This article first appeared in 2003. This material is designed to support, not replace, the relationship that exists between you and your doctor.
©1990, 2003 - AEGiS. AEGiS presents published material, reprinted with permission and neither endorses nor opposes any material. All materials appearing on AEGiS are protected by copyright as a collective work or compilation under U.S. copyright and other laws and are the property of AEGiS, or the party credited as the provider of the content.