JOHANNESBURG, 23 avr (AFP) - La politique de l'Afrique du Sud en matière de lutte contre le sida est vouée à l'échec si le gouvernement ne rend pas possible de manière urgente l'accès gratuit au traitement par anti-rétroviraux, indique un rapport sur les droits de l'Homme rendu public cette semaine à Johannesburg.
"Bien qu'elle ait l'une des législations les plus complètes au monde, l'Afrique du Sud n'a pas mis suffisamment en action ses plans de lutte pour qu'ils aient un impact sur l'étendue des cas de virus VIH/sida", souligne le rapport établi par la Commission sud-africaine des droits de l'Homme (SAHRC).
La SAHRC, créée par le Parlement pour assurer le suivi des questions relatives aux droits de l'Homme en Afrique du Sud, enjoint le ministère de la Santé d'engager une "vigoureuse action de lobbying" pour obtenir une rallonge budgétaire pour la lutte contre le sida qui se heurte principalement à des problèmes financiers.
L'Afrique du Sud, avec 5 millions de personnes officiellement infectées par le virus VIH ou atteintes par la maladie sur une population de 44 millions, est l'un des pays les plus affectés par la pandémie. Six cents personnes meurent du sida chaque jour en Afrique du Sud.
"Le gouvernement devrait placer en tête de ses priorités un plan d'action national pour l'accès aux anti-rétroviraux, et il est recommandé que le budget de la nation reflète cette nécessité", écrit la SAHRC dans son rapport annuel sur les prestations du gouvernement pour les services de base, le quatrième en date.
"L'urgence dans la réduction de nouvelles infections et dans le traitement des personnes qui vivent avec le virus du sida ne demande pas seulement une volonté politique, elle requiert aussi des fonds additionnels pour lutter contre la pandémie", souligne le rapport qui est basé sur des recherches effectuées entre 2000 et 2002.
La SAHRC met en particulier le gouvernement en demeure de mettre en pratique une décision de justice de 2002 prévoyant la délivrance de médicaments anti-rétroviraux aux femmes enceintes séropositives.
De nombreux départements d'état ne se conforment pas à cette décision, indique le rapport.
La Campagne pour l'action du traitement (Tac), le groupement qui avait été l'initiateur de l'action contre le gouvernement donnant lieu à la décision de 2002 pour les femmes enceintes, a lui aussi accusé le gouvernement de ne pas suivre la décision de justice.
La Tac a récemment lancé une campagne de désobéissance civile pour protester contre le manque d'action de la part du gouvernement, et des dizaines d'activistes pour la lutte contre le sida participant à la campagne ont été appréhendés lors de ces manifestations qualifiés d' "illégales".
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