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Santé-SRAS-Chine-sida: Déjà ravagés par le sida, des villages de Chine vont devoir affronter le SRAS

Agence France-Presse - Avril 23, 2003
Cindy Sui
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PEKIN, 23 avr (AFP) - Nombre de villages reculés de la Chine rurale déjà ravagés par le sida, se préparent maintenant à affronter le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), qui, couplé avec le sida, pourrait anéantir des pans entiers de la population, selon des autorités sanitaires locales et internationales.

Plus d'un million de personnes sont considérées séropositives dans la seule province du Henan, dans le centre de la Chine, selon des organisations non-gouvernementales.

Mais, si le Henan est la province la plus touchée, 22 autres comptent également ce que l'on appelle des "villages du sida", notamment la province du Shanxi (nord) dont on a annoncé officiellement qu'elle était touchée par le SRAS.

"Si le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) touche des régions où sévit déjà le virus HIV, toutes les personnes séropositives vont succomber", a indiqué Ray Yip, responsable du programme de prévention contre le sida au bureau chinois du fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF).

Ces provinces rurales très pauvres de la Chine comptent toutes des dizaines de villages dévastés par le sida. Depuis des années, les villageois vendent leur sang à des établissements gouvernementaux dans des conditions sanitaires précaires et se sont aperçus à la fin des années 90, que le sida les avaient frappés de plein fouet.

Dans ces localités rurales, ce sont des pans entiers de la population qui sont séropositifs et il n'est pas rare que dans une même famille il y ait plusieurs personnes décédées du sida ou en passe de l'être.

Jusqu'ici, la province du Henan a officiellement recensé six cas de SRAS et 141 ont été annoncés dans le Shanxi, mais même les médecins locaux mettent en doute ces chiffres.

"Il ne s'agit pas seulement de ces quelques cas. Il y a de nombreux cas suspects qui ne sont pas enregistrés", selon Wu Guofeng, médecin à l'hôpital du comté de Shangcai.

Aucun cas de SRAS n'a encore été officiellement enregistré dans des "villages du sida" mais cela ne veut pas dire qu'il n'y en ait pas.

Craignant le SRAS, des travailleurs migrants venus de ces villages du Henan et d'autres provinces commencent en effet à quitter les villes où ils travaillent pour regagner leur contrée d'origine, véhiculant peut-être le virus de la pneumonie atypique, et personne ne les soumet à un contrôle sanitaire lorsqu'ils quittent les villes.

Dans le village de Wenlou, qui compte 3.000 habitants, 500 à 600 d'entre eux partent travailler quelques mois par an comme ouvriers ou employés de restauration dans les grandes villes infectées par le virus du SRAS telles que Pékin, Canton, et celles de la province du Shanxi.

Déjà, une douzaine de ces travailleurs migrants sont revenus de ces villes fortement touchées par le SRAS, raconte Cheng Yanzhang, un agriculteur.

"Ils étaient effrayés par le SRAS, alors ils rentrent chez eux. Personne ne les a soumis à un contrôle sanitaire", dit-il.

"Maintenant, on a plus peur du SRAS que du sida, car c'est plus contagieux. Avec le sida, vous pouvez survivre un moment, tandis que le SRAS peut vous emporter en quelques jours", ajoute-t-il.

Faute d'informations, les responsables de cette région n'ont pris que tardivement des mesures pour protéger la population.

"Nous venons juste de mettre en place une salle isolée (pour les patients soupçonnés d'être atteints du SRAS)", a indiqué un docteur.

La prise de conscience de la gravité de la pneumonie atypique demeure encore largement insuffisante au sein de la population chinoise.

L'un des cas officiels de SRAS dans la province de Henan est une aide soignante, qui travaillait dans un hôpital de Pékin où étaient accueillis des malades atteints par le virus. Redoutant de contracter la maladie, elle est rentrée chez elle sans aucun contrôle préventif, s'indique Ray Yip.

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