WASHINGTON, 13 mars (AFP) - Les Etats-Unis ont approuvé jeudi la mise sur le marché d'un nouveau type de médicament contre le sida, connu sous le nom de T20, le premier membre d'une nouvelle famille de traitement qui empêche le virus de pénétrer dans les cellules de l'organisme.
Ce médicament, commercialisé sous le nom Fuzeon (enfuvirtide), a été approuvé par l'agence fédérale pour la sécurité alimentaire et pharmaceutique (FDA), pour une utilisation combinée à d'autres médicaments actuellement prescrits contre l'infection au VIH-sida, chez les adultes et les enfants à partir de six ans.
Le médicament, un "inhibiteur de la fusion", est le premier à fonctionner en empêchant le virus du sida de pénétrer dans les cellules. Tous les autres médicaments actuellement disponibles agissent, au contraire, contre le virus quand il est déjà présent dans les cellules du système immunitaire (CD4).
"L'approbation accélérée de ce nouveau médicament devrait fournir un nouvel espoir pour ceux qui souffrent d'une infection avancée au VIH", a commenté le secrétaire à la Santé américain Tommy Thompson.
Ce médicament a été approuvé dans le cadre de la procédure rapide mise en place par la FDA pour les médicaments dont les résultats démontrés peuvent sauver des vies dans un très bref délai. Les Etats-Unis sont le premier pays à autoriser sa commercialisation, ont souligné les autorités sanitaires américaines.
"Le Fuzeon ajoute une importante dimension à notre arsenal thérapeutique contre le VIH" particulièrement pour les patients qui ont développé une résistance aux médicaments actuellement disponibles, s'est félicité le Dr Mark McClellan, qui dirige la FDA.
Le médicament est commercialisé par le groupe pharmaceutique suisse Roche.
L'annonce de la FDA a provoqué jeudi la publication avancée par une revue médicale américaine des résultats d'une étude concluant à l'efficacité de ce nouveau médicament pour les malades du sida qui ont développé une résistance à d'autres traitements.
"L'ajout de l'enfuvirtide à un traitement antirétroviral a montré un bénéfice antirétroviral et immunologique significatif sur 24 semaines chez des patients qui avaient préalablement reçu de multiples médicaments antirétroviraux et avaient une infection au VIH multi-résistante", écrivent les auteurs de l'étude à paraître dans le New England Journal of Medicine du 29 mai prochain.
Ce médicament est administré par injection sous-cutanée. Il a été testé sur plus de 1.000 patients, dans deux essais, en Amérique du Nord et au Brésil, ainsi qu'en Europe et en Australie.
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