JOHANNESBURG, 5 déc (AFP) - Le VIH-sida qui affecte 4,5 millions de Sud-Africains, touche deux fois plus la majorité noire de la population que les minorités blanche et métisse, selon l'enquête, publiée jeudi, d'un Institut de recherche para-publique mandaté par la Fondation Mandela.
Selon l'enquête, la prévalence dans la population noire (77% de la population) atteint 12,9% contre 6,2% dans la minorité blanche (11% des Sud-Africains), 6,1% dans la minorité métisse (9% de la population), et 1,6% seulement dans la communauté d'origine indienne (2,4%).
L'étude est la première d'envergure sur le sida menée auprès des ménages, afin de mieux connaître le profil racial, social, géographique, de la population séropositive. Elle établit des projections à partir d'un échantillon représentatif de 8.400 personnes ayant accepté un test de salive.
"Nous avons à présent les données pour attaquer vigoureusement la pandémie", s'est félicité l'ancien président Nelson Mandela en présentant le rapport du Conseil de la Recherche en Sciences Humaines (HSRC).
La forte prévalence dans la population noire reflète le développement historique de l'épidémie en Afrique du Sud, et une vulnérabilité au sida plus grande dans les bidonvilles et campements informels, en lien avec les migrations de travailleurs, les réimplantations, et la mobilité en général, estime HSRC.
"Le rapport note aussi que la prévalence dans la minorité blanche est très haute par comparaison à des pays comme l'Australie, la France et les Etats-Unis, ou la prévalence chez les Blancs est environ de 1%".
Les données habituelles sur le sida dérivent de projections sur les tests en cliniques anténatales, mais selon le HSRC, cette population est peu représentative, car concernant surtout des femmes sexuellement actives, principalement noires, et qui se rendent en cliniques publiques.
L'enquête bouscule quelques idées reçues en Afrique du Sud sur la nature de la pandémie, qui selon le HSRC pourrait permettre de mieux cibler les stratégies: elle note ainsi que l'Etat Libre (prévalence 14,9%), le Gauteng (14,7%) et non le KWaZulu-Natal comme on le pensait, sont les plus touchées, en raison de la grande proportion de bidonvilles et habitations informelles dans ces provinces.
Selon les estimations d'ONUSIDA publiées fin novembre, l'Afrique du Sud compte cinq millions de séropositifs et malades, un taux de prévalence de 20,1% chez les adultes.
L'enquête confirme aussi sans équivoque le public sud-africain veut des anti-rétroviraux pour tous: 95% des personnes interrogées l'ont réclamé. Les Arv ne sont à ce jour disponibles que dans le privé, et dans le public pour les mères enceintes séropositives.
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