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Burkina-Niger-sida: Le Burkina veut à nouveau baisser le coût des anti-rétroviraux

Agence France-Presse - décembre 1, 2002


OUAGADOUGOU, 1er déc (AFP) - Le gouvernement burkinabè s'emploie à faire baisser à court terme les coûts des anti-rétroviraux (ARV) auxquels la majorité des malades du sida n'ont toujours pas accès, a annoncé dimanche le Conseil national de lutte contre le sida.

Les ARV coûtent au moins 60.000 francs CFA (plus de 90 euros) par mois par malade au Burkina, un des pays les plus pauvres du monde.

"Notre ambition est de ramener les coûts à moins de 18.000 Fcfa", a indiqué à la radio Joseph André Tiendrébéogo, secrétaire permanent au conseil national de lutte contre le sida et les infections transmissibles (CNLSIT).

Il a assuré que la centrale d'achat locale a déjà pris "les contacts nécessaires" en vue d'obtenir une baisse des coûts des produits auprès des firmes pharmaceutiques internationales.

Par ailleurs, le gouvernement veut aussi augmenter le nombre de centres distribuant des ARV pour renforcer l'accès aux soins des malades dans les zones reculées.

A défaut de traitement par ARV, M. Tiendrébéogo appelle les malades à changer de comportement sexuel, à bien se nourrir et à combattre les maladies opportunistes, comme la tuberculose.

Il a exhorté ses compatriotes au dépistage volontaire du VIH-sida, expliquant que la plupart d'entre eux refusent de subir le test en se disant qu'ils n'auront de toutes façons pas l'argent nécessaire pour se soigner.

Deuxième pays d'Afrique de l'ouest le plus touché après la Côte d'Ivoire, le Burkina a un taux officiel de séroprévalence de 7,17%.

Au Niger, voisin moins touché, ce taux est officiellement compris entre 1 et 2%, selon le Programme national de lutte contre le Sida (PNLCS, qui reste toutefois sceptique sur ce chiffre, estimant qu'il ne "reflète pas la réalité du terrain".

Toutefois le PNLS note "un vif intérêt" des Nigériens pour les préservatifs dans la prévention du sida dans un pays à plus de 90% musulmans.

Les fondamentalistes nigériens, qui combattent l'utilisation du préservatif, soutiennent que le sida est une maladie divine pour "punir" l'adultère et la débauche, et que l'abstinence et la fidélité sont les seuls moyens de s'en préserver.

Il n'existe pas encore de traitement complet de trithérapie au Niger et les malades sont obligés de se rendre au Burkina Faso ou en Côte d'Ivoire pour s'en procurer.

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