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Asie-sida: Journée mondiale de lutte contre le sida: montée des périls en Asie

Agence France-Presse - décembre 1, 2002

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PEKIN, 1er déc (AFP) - L'Asie est confrontée à une montée des périls face à la propagation du VIH-sida depuis la Chine jusqu'à l'Afghanistan à l'heure où tous le continent a participé à la journée mondiale de lutte contre la maladie.

Les statistiques de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) montrent que l'Asie centrale est la région du monde à l'intérieur de laquelle le sida se propage le plus rapidement.

La croissance du taux d'infection en Iran a triplé alors que l'utilisation de drogues par injection et la transmission par les rapports sexuels ont conduit à une croissance de la propagation de la maladie au Pakistan, au Tadjikistan en Ouzbekistan et au Kazakhstan.

Avec une estimation de quatre millions de personnes infectées par le VIH, l'Inde se place au second rang dans le monde derrière l'Afrique du Sud. En Chine, pays le plus peuplé de la planète, le gouvernement central a reconnu l'existence d'un million de cas de sida et de VIH contre 600.000 l'an dernier.

Les Nations Unies estiment toutefois que le nombre de Chinois touchés par le VIH devraient croître d'environ 1,5 million actuellement à plus de 10 millions vers la fin de la décennie.

Les spécialistes estiment que la Chine dispose d'environ trois ans pour enrayer l'épidémie du VIH, le virus à l'origine du sida, qui selon les chiffres officiels est en augmentation de 30% l'an.

"Pour l'heure nous savons que l'épidémie se propage très rapidement et que cela va se poursuivre", affirme Rodney Hatfield, le directeur régional adjoint du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (Unicef).

"L'élément le plus important est que chacun le reconnaisse comme un problème majeur susceptible d'enrayer la croissance économique chinoise s'il n'est pas traité de manière adéquate", ajoute-t-il.

Critiquée pour ne pas avoir pris dans le passé de mesure contre la propagation du VIH, la Chine a participé dimanche à la journée mondiale de lutte contre le sida en organisant des manifestations dans 13 villes.

Un documentaire de la télévision sur la prévention du VIH/sida présenté en avant-première samedi dans une commune rurale devait être diffusé dans tout le pays et vu par la moitié de la population, a indiqué l'agence Chine nouvelle.

Les responsables des Nations Unies félicitent la Chine pour les progrès "significatifs" de ces deux dernières années. Car après avoir finalement reconnu l'existence du problème, Pékin a publié des statistiques plus conformes à la réalité.

Mais beaucoup plus doit encore être accompli pour prévenir une rétrogradation complète dans les progrès obtenus ces dernières années comme par exemple dans la réduction de la mortalité infantile comme cela s'est produit dans certains pays africains, a souligné M. Hatfield.

Dimanche, dans le centre de Pékin, 450 étudiants ont écouté des experts expliquer que l'ignorance des causes de la propagation du VIH favorise son expansion, que le virus ne peut pas se transmettre par le simple contact et que les personnes infectées ne doivent pas être l'objet d'ostracisme.

Enfin, évènement dans la ligne officielle observée jusqu'ici, deux malades du sida ont été autorisés à parler devant l'assistance dans laquelle se trouvaient des responsables du ministère de la santé.

C'est la première fois que des Chinois atteints par le sida ont pu faire une déclaration publique à l'intérieur d'une assemblée officielle.

Dans le nord-est de l'Inde, le virus se propage très rapidement en raison de l'utilisation importante de stupéfiants à injection intraveineuse résultant du voisinage du Triangle d'or des pays producteurs d'héroïne (Laos, Birmanie et Thailande).

Les états indiens touchés, Arunachal Pradesh, Assam, Manipur, Meghalaya, Mizoram, Nagaland et Tripura représentent seulement trois pour cent de la population de l'Inde, supérieure au milliard d'habitants, mais on y trouve plus de 30% des usagers de stupéfiants par injection ce qui constitue la principale raison à la propagation du VIH.

Selon les Nations Unies, l'aide internationale est indispensable pour arrêter l'expansion du sida en Afghanistan. Des Afghans de retour au pays sont potentiellement porteurs de maladies sexuellement transmissibles (MST) phénomène aggravé par l'utilisation de stupéfiants à injection et par l'apparition de la prostitution.

"Nous ne connaissons pas la situation exacte de l'épidémie en Afghanistan, mais nous savons que le VIH est présent", a déclaré le représentant adjoint de l'ONU en Afghanistan, Nigel Fisher, dans un discours à l'occasion de la journée mondiale contre le sida.

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