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Médecine-sida-hôpital: L'Ordre des médecins : chirurgiens devraient faire "périodiquement" un test

Agence France-Presse - novembre 18, 2002


PARIS, 18 nov (AFP) - Les chirurgiens "doivent connaître leur statut sérologique vis-à-vis du sida et le vérifier périodiquement", a affirmé lundi l'Ordre des médecins qui leur "déconseille de poursuivre leur activité opératoire" en cas de test positif.

"Le dépistage systématique du sida parmi les soignants, en particulier parmi les chirurgiens et les personnels du bloc opératoire, n'est pas obligatoire en France", rappelle à l'AFP le professeur Jean Langlois, président du Conseil national de l'Ordre des médecins.

Le Pr Langlois s'exprime après le rappel de 926 patients ayant été en contact avec un soignant séropositif, pour faire un test de dépistage lancé par l'Institut Jacques Cartier de Massy (Essonne).

Mais, ajoute-t-il, "les individus doivent connaître leur statut sérologique pour ne pas exposer leurs patients et le vérifier périodiquement".

"Si la loi ne les oblige pas à faire un test, il est important que les individus fassent leur autorégulation. Cela engage leur responsabilité morale et est susceptible d'engager à l'avenir leur responsabilité civile ou celle de l'établissement de soins dont ils dépendent", poursuit le Pr Langlois.

L'Ordre des médecins "déconseille aux chirurgiens (et à certains praticiens) de poursuivre leur activité interventionnelle, s'ils sont porteurs du virus du sida".

"Le risque de contamination virale est catastrophique, même s'il est exceptionnel. Quand on est malade, il n'est quand même pas normal de se faire contaminer lors d'une opération", s'exclame le Pr Langlois pour qui "c'est le malade le plus important".

Le malade prime, même quand le praticien a lui-même été contaminé par un patient. C'était le cas du Dr Patrick Cohen, qui s'était contaminé accidentellement par le virus du sida en 1983, vraisemblablement en opérant une vieille dame contaminée à la suite de transfusions. Il avait à son tour contaminé une patiente en l'opérant de la hanche en 1992 et 1993.

"Le dépistage systématique n'est pas une sécurité absolue", commente le Pr Langlois car, dit-il, il existe une période "muette" sans résultat positif malgré la contamination. "Il n'est pas sur du tout qu'un tel dépistage rentrerait si facilement en pratique" dit-il en invoquant "un problème de coût et de moyens".

"Si la loi en faisait une obligation, avec interdiction d'exercer, il faudrait prévoir des moyens de protection sociale notamment pour les chirurgiens libéraux, mais aussi ceux du service public, qui se retrouveraient sans travail", note-t-il encore.

Seule l'analyse des virus (typage) permet de connaître avec certitude les circonstances de la transmission du virus, si il y a bien eu contamination de soignant à soigné par exemple, rappelle-t-il par ailleurs.

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