agence france-presse
cliquez ici pour revenir à agence france - presse principal menu
DonateNow
Afrique-sida: Les épouses des présidents africains s'engagent dans la lutte contre le sida

Agence France-Presse - novembre 16, 2002
Philippe Coste

YAOUNDE, 16 nov (AFP) - Les "premières dames d'Afrique", réunies vendredi et samedi à Yaoundé à l'initiative de Chantal Biya, l'épouse du président camerounais Paul Biya, ont décidé de faire front commun contre le sida, en favorisant notamment des recherches africaines menées sur le continent.

Résolues à ne pas attendre plus longtemps des stratégies ou des solutions venues des pays du nord, conscientes, disent-elles, que les grandes conférences internationales n'ont que peu d'impact sur la vie des populations africaines, les épouses des présidents ont décidé de prendre les choses en main en créant une association qui leur est propre, "synergies africaines contre le sida et les souffrances", pour coordonner la lutte.

"Le sida touche les couches les plus vulnérables que sont les femmes et les enfants. L'heure n'est plus aux discussions stériles mais à l'action, nous devons agir maintenant", a affirmé Chantal Biya.

Cinq femmes de chefs d'Etat (Angola, Bénin, Burkina Faso, Niger, Tchad) et une quinzaines de déléguées d'autres pays ont assisté au "sommet" des "premières dames".

Toutes ont souligné l'impact négatif du sida - qui tue 5.000 personnes par jour, principalement en Afrique - sur leur pays.

"Il est grand temps de cesser les palabres, nous étions sur une pente ascendante dans tous les domaines mais le sida a tout bouleversé et nous a souvent ramené à la case départ", a constaté Marie-Louise Carréa, la déléguée du Sénégal, pays pourtant relativement épargné par le virus.

"L'Afrique paye un lourd tribut au fléau qu'est le sida, vingt ans d'efforts de développement ont été perdus et, en affectant les populations les plus actives, le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) nous entraîne vers la paupérisation", a souligné la première dame du Burkina Faso, Chantal Compaoré.

"La lutte, a-t-elle ajouté, doit être menée sur tous les fronts, contre l'analphabétisme, l'obscurantisme, les pratiques rétrogrades comme le mariage forcé ou les mutilations génitales féminines".

Le sommet des femmes des chefs d'Etat a reçu le renfort des deux co-découvreurs du virus du sida, le Français Luc Montagnier et l'Américain Robert Gallo, qui affirment vouloir maintenant travailler main dans la main, avec pour premier objectif la mise au point d'un vaccin pédiatrique, selon eux plus facile à réaliser qu'un vaccin destiné aux adultes.

Le Pr Gallo a même annoncé que les premiers essais cliniques d'un candidat-vaccin pourraient débuter d'ici un an et demi. "S'il marche, je jure que je ferai tout ce que je peux pour que sa distribution en Afrique soit la priorité des priorités", a assuré le virologue.

Selon les deux chercheurs, ce vaccin pourrait être associé au BCG, le vaccin contre la tuberculose. Il protègerait alors non seulement les nouveaux-nés de la séropositivité contractée par leurs mères mais leur éviterait aussi d'être contaminés lors de l'allaitement.

La distribution aux femmes enceintes contaminées - avant et juste après la naissance de leur enfant - d'un anti-rétroviral bon marché, la Névirapine, évite le passage du virus au nouveau-né dans environ 70% des cas. Mais de nombreux nouveaux-nés qui ont ainsi échappé à la contamination dans les premières semaines de leur vie sont infectés dans les mois qui suivent par le lait maternel.

Le prochain sommet des femmes de chefs d'Etat devrait se tenir à Ouagadougou.

021116
AF021147_FR


© Agence France-Presse 2002. Tous droits de reproduction et de représentations réservés. Toutes les informations, textes, photos, graphiques reproduites sur ce site ainsi que le logo de l'AFP sont protégés par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'Agence France-Presse. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.  http://www.afp.com/

AEGiS is made possible through unrestricted grants from Boehringer Ingelheim, the National Library of Medicine, and donations from users like you. Always watch for outdated information. This article first appeared in 2002. This material is designed to support, not replace, the relationship that exists between you and your doctor.

©1990, 2002 - AEGiS. AEGiS presents published material, reprinted with permission and neither endorses nor opposes any material. All materials appearing on AEGiS are protected by copyright as a collective work or compilation under U.S. copyright and other laws and are the property of AEGiS, or the party credited as the provider of the content.