HARARE, 26 août (AFP) - Quelque 14 millions de personnes font désormais face à de graves problèmes de santé dus aux pénuries alimentaires en Afrique australe, ont annoncé des responsables à l'ouverture lundi d'une réunion organisée à Harare par l'OMS (Organisation mondiale de la santé).
Les ministres de la Santé d'Angola, du Botswana, du Lesotho, du Malawi, du Mozambique, de Namibie, d'Afrique du sud, du Swaziland, de Zambie et du Zimbabwe étaient attendus à Harare pour participer à cette réunion de trois jours.
La directrice générale de l'OMS, Gro Harlem Brundland, le directeur régional pour l'Afrique, Ebrahim Sambak, d'autres responsables de l'ONU et des agences humanitaires devaient également être présents lundi à Harare.
La réunion est destinée à trouver les moyens de renforcer les services de santé dans les pays menacés par la famine.
"Nous sommes préoccupés par le fait que de nombreux décès intervenant lors de cas d'urgence tels que celui-ci ne sont pas seulement dus à la famine mais également à la maladie", a déclaré M. Samba.
"La malnutrition rend la population plus sensible aux maladies et les services de santé existants sont souvent dans l'impossibilité de prendre en charge ce fardeau supplémentaire", a-t-il ajouté.
"Vous avez (en charge) les populations, vous héritez des problèmes", a déclaré M. Samba aux délégués présents lundi. Il les a exhortés à exposer à l'OMS leurs besoins.
Il a en outre affirmé que les systèmes d'information de la région nécessitaient de rapides améliorations. "Cela nous apportera des directives pour savoir où, comment et quand intervenir", a-t-il assuré.
Le docteur Kassahun Kiros, conseiller de l'OMS, a pour sa part indiqué que l'indigence des systèmes de santé, le manque de personnel compétent, de médicaments et d'équipements étaient parmi les facteurs qui aggravaient la mortalité maternelle dans la région.
Les agences de l'ONU estiment à 14 millions -dont 2,3 millions d'enfants de mois de cinq ans- le nombre des personnes en danger dans la région à cause de la faim.
Si des mesures urgentes ne sont pas prises pour protéger les plus vulnérables, au moins 300.000 personnes pourraient mourir de faim ou de maladie dans les six prochains mois, selon des statistiques de l'OMS.
En outre, l'Afrique australe abrite déjà le plus grand nombre de séropositifs dans le monde.
Sur les 40 millions de porteurs du VIH dans le monde, 70% vivent en Afrique sub-saharienne, où les femmes représentent 55% des adultes infectés, rappelle l'Onusida.
De son côté, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) estime à 13 millions le nombre de personnes menacées de famine en Afrique australe.
Selon un rapport de l'organisation onusienne, publié le jour même de l'ouverture du Sommet de la Terre à Johannesburg, les pays donateurs ont annoncé des engagements pour 24% seulement des 507,3 millions de dollars US nécessaires pour fournir une aide alimentaire à plus de 10 millions de personnes jusqu'à la prochaine grande récolte attendue en avril 2003.
Selon la FAO, 21 pays d'Afrique subsaharienne sont confrontés à des urgences alimentaires contre 19 pays il y a cinq mois.
Les 21 pays recensés par la FAO sont: Angola, Burundi, Érythrée, Éthiopie, Guinée, Kenya, Lesotho, Liberia, Malawi, Mauritanie, Mozambique, Ouganda, République démocratique du Congo, République du Congo, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Swaziland, Tanzanie, Zambie et Zimbabwe.
"Les urgences sont dues à des troubles civils, à la sécheresse, à des précipitations excessives, à des inondations et à des déplacements de populations", souligne la FAO.
En Namibie, au Mozambique, au Swaziland, comme en Angola, un demi million de personnes environ seraient dans une situation nutritionnelle critique, toujours selon la FAO.
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