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AfSud-sida-mines: L'industrie minière sud-africaine renforce son offensive contre le sida

Agence France-Presse - Août 12, 2002

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JOHANNESBURG, 12 août (AFP) - La puissante industrie minière sud-africaine a renforcé cette semaine son offensive contre le sida, le géant des diamants De Beers annonçant, une semaine après le géant de l'or et du platine Anglo-American, la prise en charge du traitement antirétroviral pour tous ses employés dans le monde.

Dans un communiqué diffusé lundi à Johannesburg, De Beers a annoncé la mise à disposition de traitements par antirétroviraux pour ses employés séropositifs ou malades du sida, en Afrique australe d'abord, puis dans le monde entier, ainsi que pour "leurs conjoints ou concubins".

Anglo American et la famille Oppenheimer détiennent chacune 45% des parts du géant de l'extraction des diamants. Les 10% restants sont détenus par la compagnie Debswana, opérateur des mines exploitées par De Beers au Botswana.

La décision du groupe intervient moins d'une semaine après l'annonce spectaculaire le 6 août d'Anglo American, de mettre les traitements par antirétroviraux à la disposition de ses employés séropositifs VIH ou atteints par la maladie.

Anglo American a précisé en expliquant sa décision que près de 23% des 100.000 employés du groupe en Afrique australe, essentiellement en Afrique du Sud, sont séropositifs. Anglo American prévoit un coût global annuel pour le traitement par antirétroviraux approchant 4 millions de rands (près de 400.000 dollars/euros) pour la première année.

Pour De Beers le projet est estimé à quelque 25.000 rands (2.400 dollars/euros) annuels par personne. Il doit être "principalement axé sur l'Afrique australe mais sera ensuite étendu à tous les employés de De Beers dans le monde", selon une porte-parole de la compagnie, Tracey Paterson.

Tracey Paterson a estimé à environ 23.000 le nombre des employés de De Beers dans le monde et a porté, citant une étude réalisée fin 2001 par des dépistages volontaires et des projections, à 10% le taux de contaminés ou malades employés pour la seule Afrique du sud (1.200 personnes sur 12.000).

Le taux avancé par Anglo-American est supérieur: quelque 23% de ses 100.000 employés en Afrique australe.

Devant le nombre très important de cas de contamination en Afrique du sud (4.7 millions de personnes), de nombreux groupes industriels ont mis en place depuis plusieurs années des programme de prévention et de soins pour faire face à la pandémie. Mais rares étaient jusqu'à présent les compagnies ayant mis en place un programme d'ART pour tous.

L'impact économique du sida sur l'économie est un puissant motivateur pour les patrons des grands groupes sud-africains. Le président d'AngloGold, Bobby Godsell, avait souligné la semaine dernière, après l'annonce d'Anglo American, que le sida avait cette année augmenté le coût de production de 5 à 6 dollars l'once d'or, coûtant quelque 75 millions de rands à la compagnie. Ce surcoût aurait pu atteindre 9 dollars l'once sans plan efficace contre la pandémie, avait-il dit.

Les antirétroviraux sont disponibles dans la santé privée en Afrique du Sud, mais sont hors de la portée financière de la majorité de la population, tandis que le gouvernement tarde à les généraliser dans la Santé publique, arguant de ressources et d'infrastructures insuffisantes.

Tony Trahar, directeur exécutif d'Anglo American, a indiqué la semaine dernière que son groupe espérait "donner l'exemple" à d'autres compagnies sud-africaines avec lesquelles il espérait pouvoir "partager son expérience".

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