GENEVE, 18 juil (AFP) - Dix-huit épouses de chefs d'Etat africains, réunies à Genève, ont annoncé jeudi la création de "l'Organisation des premières dames africaines contre le sida", destinée notamment à être un organe de communication et d'entraide entre pays africains.
"Nous avons le souhait de nous impliquer davantage dans l'action, mais également d'échanger nos expériences", a expliqué Simone Gbagbo, première dame de Côte-d'Ivoire, au cours d'une conférence de presse.
Mme Gbagbo a récemment effectué une tournée d'une semaine en Ouganda, en compagnie de l'épouse du président Yoweri Museveni, rencontrant responsables et médecins engagés dans la lutte contre la pandémie. Elle se rendra samedi en République centrafricaine.
"Nous pouvons utiliser chez nous l'expérience de l'Ouganda qui a beaucoup travaillé pour lutter contre le sida, afin de faire avancer nos propres méthodes de travail", a-t-elle ajouté.
Outre Mme Gbagbo, les épouses des présidents du Burundi, du Cap-Vert, du Congo, du Gabon, de Gambie, du Ghana, de Guinée équatoriale, du Lesotho, du Liberia, de Madagascar, du Mali, de Tanzanie, du Rwanda, du Sénégal, du Soudan, de Zambie et du Zimbabwe, étaient présentes à Genève. Au total, 35 pays africains étaient représentés à la réunion.
"Nous espérons aussi que cette alliance va contribuer à diffuser l'information (sur le sida) auprès des femmes et des jeunes filles qui sont les groupes les plus vulnérables", a déclaré pour sa part Maureen Mwanawasa, première dame de Zambie.
"Nous allons insister auprès de nos gouvernements pour que les filles aient accès à l'éducation (...), que les femmes aient accès aux préservatifs féminins à des prix raisonnables", a-t-elle ajouté, soulignant que ces derniers sont souvent plus chers que les préservatifs masculins et parfois introuvables dans certains pays africains.
Le directeur de l'ONUSIDA pour l'Afrique, Michel Sidibe, s'est dit convaincu du pouvoir de mobilisation de la nouvelle organisation.
"Au cours des cinq dernières années, on a fait en sorte que la conspiration du silence vole en éclats au niveau le plus élevé de l'Etat, c'est-à-dire celui des présidents", a-t-il rappelé.
"Ce qui fait que l'infection s'accélère aujourd'hui, c'est qu'il y a un second mur du silence, celui qui sépare le mari de son épouse, les parents des enfants, le gouvernement des communautés, les producteurs de médicaments de ceux qui n'y ont pas accès. C'est ce mur que les premières dames pourront certainement nous aider à abattre", a-t-il indiqué.
Sur les 40 millions de porteurs du VIH dans le monde, 70% vivent en Afrique sub-saharienne où les femmes représentent 55% des adultes infectés, selon l'ONUSIDA.
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