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Education-santé-sida: Séance "d'éducation à la sexualité" dans une classe de 4ème

Agence France-Presse - décembre 19, 2001
Isabel Malsang

PARIS, 19 déc (AFP) - Au début de la séance "d'éducation à la sexualité et à la vie relationnelle", les huit élèves de la 4ème 6 d'un collège des Hauts-de-Seine, sont silencieuses, nez baissé sur les baskets: il faudra tout le talent de Nathalie, qui anime la séance, pour les débloquer.

Assises en U, sans tables, pour favoriser le dialogue et "casser" l'ambiance scolaire, les huit adolescentes ont d'abord rempli un questionnaire anonyme qui leur demande si le sujet proposé est "important" à leurs yeux. A la question "parlez-vous de sexualité avec?", une élève lance un regard de côté. Quelle case cocher? "parents", "ami(e)s", "copains-copines" ou rien du tout?

En deux heures par classe (4ème et 3ème) et par an, Nathalie, conseillère conjugale, et Marie-Caroline, médecin-scolaire, qui préfèrent ne pas donner leur nom, parlent aussi bien confiance, amour, respect, couple, que sida, MST, dépistage, inceste, pédophilie et violence sexuelle, en passant par "savoir dire non".

Les élèves écoutent d'abord une cassette racontant une sorte de sit-com à suspens: une lycéenne tombe amoureuse d'un étudiant plus âgé qu'elle, succombe à ses avances, apprend qu'il est séropositif, passe des tests de dépistage et découvre enfin qu'elle n'est pas infectée. En personnages secondaires, les parents, à qui on "a peur" de parler.

Le médecin glisse qu'il "vaut toujours mieux parler" à ses parents. "Une fois passée leur première réaction de colère", ils "sont quand même là pour soutenir leurs enfants", dit-elle. Pas de réactions. En 4ème, le sida semble loin des préoccupations quotidiennes.

Les langues se délient lorsque les deux animatrices abordent "Le" sujet: qu'est ce que ça fait d'être amoureux?, que faut-il pour qu'une relation marche bien?: les réponses fusent: fidélité, confiance, amour, parole, points communs. A la fin, une petite voix ajoute "désir".

Les élèves ne sont, bien sûr, pas invitées à parler de leur expérience personnelle, mais à commenter l'histoire qu'elles viennent d'entendre.

Les deux professionnelles font attention d'utiliser les mots justes, reprennent une élève qui dit "elle l'a fait", en ajoutant: "elle a eu une relation sexuelle". L'enjeu est de susciter la confiance, répondre aux angoisses éventuelles, sans choquer.

Les - rares - questions montrent quelques confusions: "quelle est la différence entre cancer et sida?", s'inquiète une élève, tandis qu'une autre pense que la pilule protège contre le sida, et qu'une troisième classe la pilule du lendemain dans les moyens contraceptifs.

A la fin, après que Nathalie a montré un préservatif en expliquant que les filles peuvent en avoir sur elles, une petite blonde cherche à se rassurer en demandant si "on est protégé" contre une grossesse pendant les huit jours d'interruption mensuels de la prise de pilule.

Après la séance, Nathalie regrette l'absence de garçons dans ce groupe. "Les échanges sont plus vifs dans les groupes mixtes", dit-elle. "Mais on doit sans cesse les recadrer, car de plus en plus regardent des films porno, parfois avec leurs pères, et ils ont une vision complètement tordue de la vie".

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