LAGOS, 10 déc (AFP) - Dans un hôpital militaire de Lagos, médecins et patients attendaient lundi la délivrance de médicaments génériques à bas prix, importés d'Inde, destinés aux personnes atteintes du virus du sida et promis par le gouvernement nigérian.
"On nous a informés que nous étions un des centres participant au projet. Nous avons reçu les papiers, mais nous attendons toujours les médicaments", déclare le Dr Remi Kalejaiye, médecin spécialiste du sida au principal hôpital militaire de Lagos, dans le quartier d'Ikoyi.
A Abuja et à Kano, principale ville du nord du pays, les médicaments n'étaient pas non plus arrivés lundi.
A l'extérieur de l'hôpital militaire d'Ikoyi, une femme de 46 ans, séropositive, attend avec une poignée de personnes, qui ont entendu parler du projet de distribuer des médicaments génériques anti-sida importés d'Inde au prix de 350 dollars par personne et par an.
"Bien sûr que je veux ces médicaments. Comment pourrais-je me payer ceux qu'ils vendent maintenant?", fulmine cette fonctionnaire de l'Education dans l'Etat de Lagos.
"A ces prix-là, personne ne peut se procurer ces médicaments, sauf les riches", ajoute-t-elle, sous couvert de l'anonymat.
Les médicaments anti-sida actuellement disponibles au Nigeria sont des produits brevetés, fabriqués dans les pays occidentaux, qui coûtent près de 75.000 naira (660 dollars) par personne et par mois.
Dans un pays où le revenu annuel par habitant est de 300 dollars, de tels prix empêchent tout traitement pour l'écrasante majorité des 3,5 millions de personnes touchées par le virus.
Le programme du gouvernement a été lancé officiellement lundi avec la distribution de médicaments dans quelques centres au Nigeria. Dans les prochains jours, ces médicaments doivent être acheminés vers les 18 centres de soins qui participent au projet, pour un nombre limité de patients, au prix de 1.000 naira (9 dollars) par mois.
Au bout de trois mois, ce programme sera étendu à quelque 100 centres et touchera 10.000 patients. Après quoi le gouvernement espère voir commencer l'importation commerciale des médicaments.
En Afrique, où le virus du sida touche près de 28,1 millions de personnes, le Nigeria est le premier pays à lancer un tel programme avec des médicaments génériques importés.
Au début de l'année, le gouvernement sud-africain avait obtenu le droit d'importer des médicaments génériques, mais y avait renoncé, estimant que ces traitements ne seraient pas correctement administrés et qu'ils étaient inefficaces.
A l'hôpital militaire de Lagos, le Dr Kalejaiye se réjouit de l'initiative. "Cet hôpital a lui-même administré des médicaments brevetés pendant des années à une minorité qui pouvait se les payer. Nous sommes très enthousiastes à l'idée que ce projet rende les médicaments génériques accessibles à un plus grand nombre", confie-t-il.
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