DAKAR, 9 déc (AFP) - Avec un taux d'infection au VIH/sida de 1,4%, le Sénégal a relativement bien réussi à contenir l'avancée du sida, mais les autorités savent qu'elles ne doivent pas "dormir sur (leurs) lauriers", assure la ministre de la Santé et de la prévention, Awa Marie Coll Seck.
Avant son arrivée au gouvernement, en mai 2001, elle était directrice du département des politiques, des stratégies et de la recherche au Programme des Nations unies pour la lutte contre le VIH/sida (ONUSIDA).
Q. Où en est le Sénégal aujourd'hui dans la lutte contre le sida ?
R. La lutte contre le sida au Sénégal est un succès, mais nous ne voulons pas dormir sur nos lauriers. C'est une priorité. Et c'est pour cela que nous avons mis en oeuvre un Plan stratégique multi-sectoriel pour les années 2002-2007. Il concernera tous les ministères et non plus seulement celui de la Santé, mais également la société civile, les ONG, les associations, le secteur privé...
Nous essayons de faire mieux que ce que nous avons fait jusqu'à présent. Et c'est pour cela que le gouvernement compte créer un Conseil national de lutte contre le sida présidé par le Premier ministre. La Banque mondiale a déjà mis à notre disposition 30 millions de dollars.
Q. Comptez-vous "mieux faire" en investissant plus dans l'accès aux médicaments antirétroviraux ?
R. Le Sénégal enregistre des acquis dans tous les secteurs (...), mais un acquis majeur est l'accès aux médicaments antirétroviraux (ARV). Car le Sénégal a pu bénéficier de prix réduits en négociant avec les industries pharmaceutiques. Nous avons également 500 millions de FCFA (environ 760.000 euros) du budget de l'Etat pour l'approvisionnement en ARV.
C'est dire que le Sénégal est pionnier, surtout en Afrique, dans la lutte contre le sida et dans la prise en charge spécifique des personnes vivant avec le VIH. Aujourd'hui, nous sommes en train de décentraliser les centres de dépistage anonyme et volontaire. Cela va permettre à plus de personnes de connaître leur statut sérologique, d'avoir accès aux médicaments, mais également de prendre des mesures de prévention, soit pour éviter de contaminer des gens, soit pour éviter d'être contaminés.
Q. Les médicaments ARV sont-ils accessibles au Sénégal ?
R. Le traitement ARV, qui est une trithérapie, coûtait entre 600.000 et 700.000 FCFA (1 euro = 655,957 FCFA), voire 1 million de FCFA par mois. Nous avons pu baisser ce coût (depuis fin 2000) jusqu'à 150.000 FCFA par mois.
Les dossiers des malades qui ont besoin de médicaments à un prix subventionné sont examinés par un comité qui juge de leur éligibilité. Ce comité étudie leur situation économique et sociale et détermine ceux qui ont besoin de la subvention.
Ainsi, il y a des malades qui paient 25.000 FCFA par mois, d'autres 80.000 FCFA et d'autres encore la totalité du coût du traitement. Cela permet aux malades les plus pauvres d'avoir accès aux ARV et d'être pris en charge (...). Mais le coût est encore trop élevé. Nous continuerons les négociations en espérant avoir des prix encore plus abordables pour nos populations.
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