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Nigeria-sida: Nigeria: incertitudes sur un projet de traitement anti-sida par les génériques

Agence France-Presse - décembre 6, 2001
Ade Obisean
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LAGOS, 6 déc (AFP) - Quelques jours avant le lancement prévu par le Nigeria le 10 décembre d'un projet pilote pour l'importation de médicaments génériques à bas prix destinés aux personnes atteintes du virus du sida - une première en Afrique - des doutes demeurent sur la capacité du pays à le mettre en oeuvre.

Le 29 novembre, la vice-ministre de la Santé Amina Ndalolo annonçait le lancement du projet, en indiquant que le nombre de malades au Nigeria était passé de 2,7 millions en 1999 à 3,47 millions en 2001.

Le projet débutera le 10 décembre dans 18 centres de soins à travers le pays, avec un "nombre limité" de patients pendant les trois premiers mois pour s'assurer que le personnel médical puisse mettre en oeuvre les procédures, avait-elle expliqué.

A terme, des médecins administreront le traitement à 10.000 porteurs du VIH dans plus de 100 centres de soins, avait ajouté Mme. Ndalolo.

Mais aujourd'hui aucun des deux hôpitaux de Lagos prévus pour être parmi les 18 centres n'a reçu ni médicaments ni information. "Mon hôpital n'a pas reçu de médicaments et on ne m'a pas expliqué quand et comment les administrer", a déclaré à l'AFP le chef du département hématologique et responsable de l'équipe HIV/sida au Lagos University Teaching Hospital (LUTH), le Dr Charles Okany.

Au principal hôpital militaire de Lagos, le Dr Remi Kalejaiye est dans la même situation.

"Espérons que nous pourrons débuter le projet le 10 décembre. Mais aujourd'hui, nous n'avons pas reçu les médicaments. Nous avons envoyé un message à Abuja pour leur faire connaître le problème", a déclaré M. Kalejaiye.

Le projet pilote doit ensuite déboucher sur un programme de traitement global, avec des médicaments génériques importés de deux firmes indiennes. Le Nigeria a obtenu de baisser les prix jusqu'à 350 dollars par personne et par an. Les médicaments brevetés des entreprises pharmaceutiques occidentales peuvent coûter entre 10.000 et 20.000 dollars par personne et par an dans les pays développés.

Au Botswana, où le revenu par habitant est dix fois celui du Nigeria, un programme de traitement des malades du sida avec des médicaments fournis par les firmes occidentales a déjà été lancé. Mais aucun pays n'a lancé de programme avec des médicaments génériques importés.

Au début de l'année, le gouvernement sud-africain avait obtenu le droit d'importer des médicaments génériques, mais y avait renoncé, estimant que ces traitements ne seraient pas correctement administrés et qu'ils étaient inefficaces.

Les organisations de lutte contre le sida au Nigeria expriment désormais leurs doutes sur la mise en oeuvre du projet.

Les premiers essais de médicaments devaient initialement avoir lieu en septembre avant d'être ajournés. Une nouvelle annonce a été faite par Mme Ndalolo, devançant de peu un grand sommet sur le sida prévu le 9 décembre à Ouagadougou.

Le président de Nigeria AIDS Alliance Mohammed Farouk a indiqué à l'AFP que les malades ne supportaient plus ces retards et menaçaient de manifester.

"Le gouvernement nous a affirmé le 1er décembre à Abuja que le projet serait lancé lundi (10 décembre), a-t-il déclaré.

"S'il ne le fait pas, nous organiserons une marche de protestation entre l'Assemblée nationale et la présidence", a-t-il ajouté.

M. Farouk a confirmé que les médicaments génériques étaient arrivés dans le pays et a souligné les efforts du gouvernement pour les importer.

"Je les ai vus moi-même. Je dois rendre hommage au gouvernement fédéral pour l'importation des médicaments", a-t-il convenu.

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