JOHANNESBURG, 11 déc (AFP) - Deux hommes de 21 et 24 ans, arrêtés le 2 décembre pour le viol d'un bébé de cinq mois, ont comparu mardi devant un magistrat de Johannesburg, sur fond de manifestations et de pétition pour une justice sévère.
Vusimuzi et Martin Dlamini, qui n'auraient pas de lien de parenté, ont été laissés en détention dans l'attente d'une audience, le 18 décembre, où les magistrats examineront leur demande de mise en liberté provisoire. En l'absence d'avocat, leur inculpation pour viol n'a pu leur être notifiée.
A l'extérieur du palais de justice, plus de 200 personnes ont manifesté, dont des élus de l'Assemblée provinciale. Une pétition de 5.100 signatures a été collectée, pour s'opposer à la liberté provisoire pour les deux violeurs présumés, a indiqué à l'AFP la député provinciale ANC Barbara Creecy.
A l'audience, les deux hommes ont affirmé avoir été brutalisés par leurs gardiens de prison, et ont exprimé leur peur après avoir été délibérément présentés aux autres détenus comme des "violeurs de bébés".
La manifestation de mardi s'inscrit dans une série de rassemblements et meetings ces derniers jours à travers l'Afrique du Sud, choquée par une vague de viols d'enfants depuis quatre semaines, ou du moins une forte hausse de cas médiatisés, concernant pour certains des bébés de cinq, huit et neuf mois.
Vusimuzi et Martin Dlamini ont été arrêtés aprés le viol d'une enfant de cinq mois, laissée seule par sa mère dans un ancien cinéma abandonné du centre de Johannesburg, utilisé comme logements. L'enfant a depuis été opérée, et a reçu sur initiative privée un traitement à l'antirétroviral AZT, pour prévenir une éventuelle infection par le virus HIV.
La police sud-africaine estime que le silence sur les viols d'enfants commence à se lever, et note de plus en plus de cas rapportés: 32.000 viols ou attaques sexuelles sur mineurs entre janvier 2000 et juin 2001. Mais les ONG d'aide à l'enfance jugent ce chiffre en-deçà de la réalité.
Depuis deux semaines, une demi-douzaine de "suspects" présumés de viols d'enfants ont été sauvés par la police d'un lynchage, lors d'incidents de "justice sommaire" à travers le pays. Mais un homme a été battu à mort et sa maison incendiée vendredi à Soweto (sud-ouest de Johannesburg).
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