OUAGADOUGOU, 12 déc (AFP) - Le coût de l'accès aux traitements pour combattre le sida en Afrique va mettre les professionnels de la santé devant des choix particulièrement douloureux.
Bientôt, sans doute dès l'an prochain, le Dr Jean-Baptiste Kiwallo, 31 ans, médecin au centre de traitement ambulatoire pour les victimes du sida de Ouagadougou, devra dresser une liste pour déterminer ceux qui, parmi les plus pauvres, pourront avoir accès gratuitement à ces médicaments, et ceux qui seront condamnés à une mort lente.
Ce centre de traitement parfaitement équipé est en service depuis 15 mois dans la capitale du Burkina-Faso, où se tient cette semaine une conférence internationale consacrée au sida et aux maladies sexuellement transmissibles en Afrique. Cette clinique offre aux malades du sida conseils, tests et traitements antirétroviraux, gratuitement ou pour une somme symbolique.
Cette installation pilote a été immédiatement débordée par la demande: le centre a dû fermer ses portes provisoirement et engager des travaux d'agrandissement, passant de 170 à 400 mètres carrés. Il est à nouveau opérationnel depuis le 20 novembre, mais est déjà au plein de sa capacité d'accueil, avec quelque 1.000 patients traités en médecine ambulatoire.
Certains jours, la file d'attente atteint une centaine de patients et les deux médecins - ils seront bientôt trois - aidés de quatre infirmières ne suffisent plus.
"Ca ne nous a pas surpris, mais nous avons été très vite débordées", explique le Dr Kiwallo. L'information sur les "traitements miracle" du Dr Kiwallo s'est vite répandue dans toute l'Afrique de l'ouest. "Quelqu'un arrive sur un brancard. Il ne se relève même pas", rapporte le médecin burkinabé. "Plusieurs mois plus tard, il a gagné 20, 30 kilos, il peut reprendre la vie", ajoute-t-il.
Ceux qui en ont les moyens payent en partie ces traitements antirétroviraux, qui permettent de stabiliser la maladie sans pour autant la guérir, en général dans une fourchette comprise entre 5 et 15% de leurs revenus.
Les plus démunis ont accès gratuitement aux traitements. Les financements sont assurés par la Croix-Rouge française, l'Etat burkinabé, une fondation présidée par l'ancien PDG du quotidien français Les Echos, Jacqueline Beytout, ainsi que par l'Organisation Panafricaine de lutte contre le sida (OPALS).
Mais le centre ne dispose de ressources financières que pour 300 traitements environ, alors que 175 dossiers ont déjà été établis. Dans les mois qui viennent, le Dr Kiwallo et son équipe seront confrontés à des dilemmes douloureux: qui choisir? sur quels critères: l'âge, l'état d'avancement de la maladie, la situation familiale?
"C'est dur, mais on est obligés de trancher", reconnait le Dr Kiwallo, précisant que les aspects médicaux, psychologiques et sociaux seraient examinés par trois commissions distinctes.
Les accords passés entre le ministère burkinabé de la santé et les groupes pharmaceutiques ont permis de diviser par trois le prix d'un "cocktail" de médicaments antirétroviraux, passés de 300.000 francs CFA (450 dollars) par mois à 100.000 francs CFA (150 dollars).
Selon le Dr Kiwallo, divers dons et subventions devraient permettre d'abaisser encore ces prix, peut-être jusqu'à 15.000 francs CFA (22,5 dollars) par mois. Et donc d'allonger un peu plus la liste des candidats au traitement.
011212
AF011261_FR
© Agence France-Presse 2001. Tous droits de reproduction et de représentations réservés. Toutes les informations, textes, photos, graphiques reproduites sur ce site ainsi que le logo de l'AFP sont protégés par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'Agence France-Presse. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. http://www.afp.com/
ÆGiS is made possible through unrestricted grants from Boehringer Ingelheim, the National Library of Medicine, and donations from users like you. Always watch for outdated information. This article first appeared in 2001. This material is designed to support, not replace, the relationship that exists between you and your doctor.
©1990, 2001 - ÆGiS. ÆGiS presents published material, reprinted with permission and neither endorses nor opposes any material. All materials appearing on ÆGIS are protected by copyright as a collective work or compilation under U.S. copyright and other laws and are the property of ÆGIS and the Sisters of Saint Elizabeth of Hungary, or the party credited as the provider of the content.