agence france-presse
cliquez ici pour revenir à agence france - presse principal menu
DonateNow
Afrique-sida-conférence: Beldine et Hamilton, de jeunes footballeurs fiers de "sauver des vies"

Agence France-Presse - décembre 5, 2001
Emmanuel Giroud

NAIROBI, 5 nov (AFP) - Beldine a 18 ans, Hamilton pas encore 16, et l'objectif de ces jeunes footballeurs des bidonvilles de Nairobi, c'est de marquer des buts, puis de "sauver des vies".

Comme 300 autres jeunes footballeurs, formés par l'Association Sportive des Jeunes de Mathare (MYSA en anglais), dans l'un des deux plus grands bidonvilles de la capitale kenyane, ils réunissent leurs adversaires et les spectateurs qui le souhaitent, après chaque match le samedi, pour parler du sida. Tantôt en animant un groupe de discussion, tantôt en jouant une pièce de théâtre, en chantant ou en déclamant un poème.

Depuis 1994, la MYSA, qui réunit 14.000 membres venus des bidonvilles de Mathare et alentours, tente ainsi de sensibiliser aux ravages du virus une population majoritairement illettrée et sans accès aux médias.

"Le foot attire beaucoup de monde, c'est le meilleur moment pour toucher le plus large public", s'enthousiasme Collins Omondi, coordinateur du Projet HIV/sida de la MYSA. Chaque week-end, l'association, véritable ligue de football de quartiers, organise environ 300 matches.

La MYSA a équipé tous les terrains de fortune de véritables buts en métal, tracé les lignes, distribué shorts et maillots aux équipes qui évoluaient d'ordinaire en guenilles, etc.

Le Mathare United Football Club est un symbole: les professionnels qui y évoluent, impérativement issus de la ligue de la MYSA et du bidonville de Mathare, occupent la deuxième place du championnat kenyan de Division 1.

Hamilton Juma est le gardien de but de l'Espanol de Dandora, chez les moins de 16 ans. Il rêve de suivre les trace de Duncan Ochieng, le goal international de Mathare United.

Après chaque match, il anime un groupe de discussions sur le terrain. "Peut-on attraper le sida en couchant dans le même lit? En buvant dans le même verre? En nageant dans la même piscine? En s'embrassant?", lui demande-t-on.

Il explique, parfois à l'aide de plaquettes illustrées, ce qu'il a appris il y a un an et demi à la MYSA, avant de devenir "éducateur", un titre qu'il arbore comme d'autres une médaille.

"Je sens que j'ai sauvé des vies. Même si j'en ai sauvé une seule, cette personne pourra à son tour en sauver une autre et ainsi de suite. J'en suis fier", dit-il.

La MYSA a formé Beldine Achieng pour être actrice, mais elle aussi joue au foot. A la fin de ses matches pour les filles du Slaughter de Dandora, sur le terrain même, elle devient Angela, une prostituée séropositive. Un homme "insatisfait sexuellement par sa femme" vient la voir. Elle le contamine.

Revenant à la réalité, elle raconte comment elle a "sauvé la vie" de sa meilleure amie, prostituée à 14 ans "pour faire vivre sa famille", et qu'elle l'a dissuadée de continuer en lui parlant du sida.

Pour elle, le plus grand "défi" des éducateurs de la MYSA, c'est l'incompréhension des adultes. "La plupart ne croient pas que le sida est une réalité et qu'il se transmet. Ils pensent que c'est l'une des maladies que leurs ancêtres défunts leur envoient quand ils sont en colère", explique-t-elle.

"Ils sont timides, ils voudraient parler mais pas devant les enfants", dit Hamilton. "Après le groupe de discussions, certains me rattrapent discrètement. En fait, leurs questions sont les mêmes que celles des enfants, ils ne savent rien du sida", raconte-t-il.

Ses frêles épaules s'affaissent. Tenter de sauver des vies d'adultes, à 16 ans à peine, c'est une responsabilité qui en écraserait plus d'un.

011205
AF011257_FR


© Agence France-Presse 2001. Tous droits de reproduction et de représentations réservés. Toutes les informations, textes, photos, graphiques reproduites sur ce site ainsi que le logo de l'AFP sont protégés par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'Agence France-Presse. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.  http://www.afp.com/

ÆGiS is made possible through unrestricted grants from Boehringer Ingelheim, the National Library of Medicine, and donations from users like you. Always watch for outdated information. This article first appeared in 2001. This material is designed to support, not replace, the relationship that exists between you and your doctor.

©1990, 2001 - ÆGiS. ÆGiS presents published material, reprinted with permission and neither endorses nor opposes any material. All materials appearing on ÆGIS are protected by copyright as a collective work or compilation under U.S. copyright and other laws and are the property of ÆGIS and the Sisters of Saint Elizabeth of Hungary, or the party credited as the provider of the content.