PEKIN, 1er déc (AFP) - Le groupe pharmaceutique canadien Merck Sharp et Dome a conclu un accord avec le ministère chinois de la Santé pour réduire des deux tiers, dès le mois de décembre, le prix de deux médicaments anti-sida en Chine, le Crixivan et le Stocrin, a rapporté samedi la presse chinoise.
Selon un communiqué de presse de Merck cité par l'agence Chine nouvelle, cet accord est "le fruit de négociations longues et intenses avec le ministère chinois de la Santé".
Jusqu'à présent, les médicaments pour une thérapie anti-sida coûtaient 100.000 yuans (12.000 dollars) par an en Chine, une somme hors de portée de la très grande majorité des malades.
Selon le Beijing Qingnianbao (Quoditien de la jeunesse de Pékin), "il n'y a pas encore de médicaments de remplacement en Chine" pour ces deux produits importés.
Selon des estimations officielles, la Chine compte aujourd'hui entre 600.000 et 800.000 personnes séropositives. Une première conférence nationale sur l'épidémie a eu lieu en novembre, au cours de laquelle les responsables chinois se sont prononcés pour un renforcement de la lutte contre le sida.
La directrice du Centre national pour la prévention et le contrôle du sida, Shen Jie, a indiqué lors de cette conférence que la Chine n'exluait pas d'enfreindre les brevets des médicaments de lutte contre le virus du sida, si ses négociations avec les groupes pharmaceutiques pour faire baisser le prix des médicaments n'aboutissaient pas.
La rapide progression du nombre de personnes contaminées par le virus en Chine, officiellement de 67,4% entre le premier semestre 2000 et le premier semestre 2001, a fait prendre conscience à Pékin de la nécessité d'informer largement la population et de lancer une campagne contre la discrimination qui frappe les malades du sida dans la société chinoise.
Les responsables chinois ont annoncé au cours de la conférence nationale qu'ils espéraient contenir le nombre de séropositifs dans le pays à 1,5 million en 2010. Selon ONUSIDA, ils pourraient être 10 millions si des mesures adéquates ne sont pas rapidement prises.
A la veille de la journée mondiale contre le sida, le ministre chinois de la Santé a mis en garde contre la progression du sida en Chine, "qui des groupes à risque s'étend aujourd'hui à l'ensemble de la population", a rapporté Chine nouvelle.
Pékin reconnaît aujourd'hui que jusqu'à 100.000 paysans de la province du Henan (centre) ont pu être infectés par le virus du sida en vendant leur sang à la charnière des années 1980-1990. Des experts indépendants ont estimé que plus de 900.000 personnes, soit 1% de la population de la province, ont été contaminées au Henan.
Cette semaine, la province voisine du Hubei a reconnu que 30.000 paysans avaient pu être infectés de la même manière, selon l'agence semi-officielle Nouvelles de Chine.
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