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Brésil-Sida: Réduction de 50% des décès grâce aux médicaments génériques

Agence France-Presse - novembre 30, 2001
Claire de Oliveira

RIO DE JANEIRO, 30 nov (AFP) - Le Brésil qui grâce aux médicaments génériques a réduit de 50% en quatre ans les décès liés au sida, prône une distribution gratuite et universelle de médicaments pour faire face à la crise humanitaire de cette épidémie.

"Dans le cas de crises humanitaires comme le sida, le Brésil prône une distribution gratuite et universelle de médicaments. Nous réclamons aussi des mesures d'assouplissement des règles concernant les patentes ou l'application des prix plus justes", a déclaré à l'AFP un porte-parole du ministère de la Santé.

Depuis 1997, le Brésil --où l'on recense 600.000 séropositifs et malades sur 170 millions d'habitants--, s'est doté d'une loi "qui a réduit de 70% le prix du traitement individuel contre le sida, actuellement de 900 reals (360 USD) par mois", a affirmé quant à lui un épidémiologiste de Brasilia, Marco Antonio Vitoria.

Grâce à sa politique sur le Sida, le gouvernement brésilien a économisé 700 millions de dollars au cours des trois dernières années.

Ce médecin a ajouté que le prix du préservatif avait également baissé de moitié pendant la même période. Aujourd'hui un préservatif côute 30 centimes de real (12 cent de USD) et le gouvernement en distribue gratuitement près de 300 millions par an. Cependant, encore 51% des jeunes ne l'utilisent pas.

La loi de mai 1996, prévoit que des licences obligatoires pour fabriquer des génériques sont délivrées au cas où les brevets de médicaments étrangers ne sont pas exploités sur le territoire brésilien. Et en 1997, le Brésil a lancé sa propre production de génériques anti-rétroviraux notamment afin de fournir des soins gratuits à des dizaines de milliers de patients.

L'arrivée des génériques a forcé les grands laboratoires pharmaceutiques à aligner leurs prix sur les copies.

Début avril, le Brésil a réussi à obtenir que le laboratoire américain Merck Sharp & Dohme réduise le prix des médicaments anti-sida Indivanir (Crixivan) et Efavirenz (Stocrin), de 64,66% et 59,02% respectivement.

Fin août, c'est le suisse Roche qui a accepté de baisser de 40% le prix du médicament Nelfinavir après que le Brésil eût menacer de produire un générique après six mois de vains pourparlers.

Outre la réduction de 50% des décès, depuis 1996, le Brésil a évité l'hospitalisation de 200.000 personnes. Actuellement, il a diminué de 80% l'occupation des lits dans le pays où on enregistre de 1000 à 2000 nouveuax cas par mois.

"En 2004, le gouvernement devra traiter 160.000 séropositifs", a dit Vitoria.

Les dépenses du "Programme Anti-Sida" du gouvernement brésilien s'élèvent à quelque 300 millions de dollars par an pour l'achat de 14 remèdes servant au traitement de 105.000 des 600.000 seropositifs et malades brésiliens.

Sur les 14 anti-rétroviraux utilisés au Brésil 7 sont fabriqués dans des laboratoires d'Etat. Le coût des importations représente 60% du coût total du programme, selon le ministère.

En 1992, sur 18 sérpositifs on comptait une femme. Aujourd'hui c'est une pour trois. En 20 ans, le Brésil a enrgistré 150.000 morts du Sida.

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