PARIS, 23 nov (AFP) - L'efficacité d'un traitement anti-sida pourrait être évaluée dès la première semaine de traitement et de façon "simple", selon des chercheurs américains.
Lorsqu'un patient débute un traitement anti-viral contre le virus du sida (VIH), il importe de savoir aussitôt que possible si le cocktail thérapeutique agit de façon adéquate, rappellent-ils dans la revue médicale britannique The Lancet paraissant samedi.
Dans le cas contraire, ajoutent-ils, le patient risque de développer en quelques semaines des souches de virus résistantes au traitement, et de réduire ainsi les chances de réussite d'un nouveau traitement.
Généralement l'efficacité thérapeutique est évaluée par la mesure des quantités de virus dans le sang (charge virale), après quatre à huit semaines de traitement, selon les chercheurs.
"Nous avons maintenant un moyen rapide, simple et direct pour dire si les médicaments marchent", commente le Dr Michael Polis (National Institute of Allergy and Infectious Disease, Bethesda), responsable de l'étude avec le Dr Dimiter Dimitrov (Institut national américain du Cancer).
"Cette approche pourrait aussi éviter aux patients d'être exposés inutilement à la toxicité de médicaments inefficaces pour eux", souligne le Dr Polis.
Quelque 17 médicaments antirétroviraux actuellement disponibles pour combattre le VIH, sont utilisés en combinaison, en raison de la facilité que le virus a de s'adapter, par mutations, pour devenir rapidement résistant à un antiviral.
Les chercheurs ont analysé trois essais cliniques d'antirétroviraux sur des patients dont la charge virale a été mesurée quotidiennement.
Presque tous ceux dont la charge virale était devenue quasiment indétectable (moins de 50 copies du virus/ml) ou avait fortement chuté au sixième jour de thérapie, répondaient bien au traitement à plus long terme, ont constaté les chercheurs.
En revanche, la quasi totalité des patients dont la charge virale avait faiblement diminué, en étant divisée par cinq seulement ou moins (soit techniquement, une réduction de l'ordre de moins de 0,72 log), sont "mauvais répondeurs", c'est-à-dire que leur concentration sanguine de virus rebondissait à la hausse trois mois plus tard.
Selon les chercheurs, cette mesure permettrait de prédire l'efficacité du traitement dans plus de 95% des cas.
De plus amples études sur plus de groupes diversifiés de patients permettront d'affiner ces résultats, ajoutent-ils cependant.
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