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Drogue-rapport-UE: Drogues synthétiques et maladies infectieuses sous surveillance dans l'UE

Agence France-Presse - novembre 20, 2001
Jean-François BUGLET
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BRUXELLES, 20 nov (AFP) - Drogues synthétiques et maladies infectieuses font l'objet d'une "attention particulière" en Europe, selon le rapport annuel de l'Agence des drogues de l'Union européenne, publié mardi à Bruxelles.

Réalisé par l'Observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT), ce rapport fait état d'"augmentations possibles" de la transmission du VIH par les usagers de drogue par voie intraveineuse (UDVI) en Autriche, au Luxembourg, en Irlande, aux Pays-Bas, au Portugal et en Finlande.

De même, le rapport souligne que la prévalence du virus de l'hépatite C, affectant de 40 à 90% des UDVI, "laisse penser que le virus continue de se propager de façon importante". Toutefois, l'introduction de mesures de prévention en aurait réduit la transmission au Royaume-Uni.

Le nombre de décès directement liés à la drogue, par surdose ou empoisonnement, essentiellement dus à la consommation d'opiacés, plus fréquents lorsque celle-ci est accompagnée d'alcool ou de benzodiazépines, demeure stable. Il oscille entre 7.000 et 8.000 par an dans l'UE. Mais les consommateurs d'opiacés ont un taux de mortalité global plus de vingt fois élevé que les tranches d'âge équivalentes au sein de l'ensemble de la population.

Concernant les drogues synthétiques, substances psychoactives fabriquées par un processus chimique, le rapport se demande si leur consommation peut, à long terme, engendrer des "effets réversibles ou non sur le cerveau". Car chez les grands consommateurs d'ecstasy, dans les soirées techno mais désormais également en discothèques et soirées privées, "on relève de plus en plus de dommages des neurones sérotonergiques".

Des études ont été ébauchées en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis pour tenter de mesurer les effets de la consommation régulière d'ecstasy.

L'OEDT prône notamment, à proximité des lieux festifs, la présence de zones de repos ainsi que des tests de comprimés. Signalant la présence en France d'équipes de Médecins du Monde lors de raves et free parties, le rapport constate que les difficultés proviennent "du manque de documentation clinique sur les cas d'intoxications aiguës et de l'impossibilité de se référer au passé médical des individus".

Selon Europol, les Pays-Bas occupent le premier rang des pays producteurs et exportateurs d'ecstasy. D'autres pays (Bulgarie, République tchèque, Pologne), dans une zone de transit et de consommation de drogues, "dont la capacité globale à mettre efficacement en place les mesures adaptées ainsi que les ressources allouées reste limitée dans l'ensemble", ainsi que les pays baltes, sont également impliqués dans les trafics.

Par ailleurs, le prix de vente du gramme d'héroïne, provenant massivement d'Afghanistan, de 30 jusqu'à 340 euros en Finlande et en Suède en 1999, pourrait évoluer en cas de ventes massives par les talibans dans les semaines à venir.

Au niveau européen, le nombre de saisies d'héroïne s'est accru régulièrement au Luxembourg, au Portugal et en Suède depuis 1985. Elles ont régressé en revanche de façon importante depuis 1997 en Autriche, en Belgique, au Danemark, en France, en Allemagne et en Espagne.

Par ailleurs, bien que le cannabis demeure de loin la drogue la "plus essayée" dans l'UE, son taux de consommation occasionnelle chez les 15-16 ans variant de 8% au Portugal et en Suède à 35% en France et au Royaume-Uni, l'OEDT se préoccupe aujourd'hui davantage d'une nouvelle "tendance chic" consistant à rouler un "joint" avec un mélange cocaïne "base-crack" et tabac.

Cette tendance est plus particulièrement en vogue en Grèce, en France, en Italie, aux Pays-Bas et en Grande-Bretagne.

L'UE a lancé, en juin 2000, un plan d'action antidrogue, sur une durée de quatre ans.

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