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Médecine-sida: Criminaliser la transmission du sida favoriserait l'épidémie

Agence France-Presse - novembre 16, 2001

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PARIS, 16 nov (AFP) - Les condamnations de gens ayant transmis le virus du sida dont ils se savaient porteurs risquent de contribuer à la propagation de l'épidémie, contrairement aux idées reçues, selon une étude paraissant samedi dans le British Medical Journal (BMJ).

Par peur d'être condamnées, les personnes à risque pourraient devenir plus réticentes à l'idée de faire un test de dépistage et pourraient ainsi propager la maladie sans le savoir, s'inquiète la statisticienne Sheila Bird (Cambridge, Royaume-Uni) avec son collègue pathologiste Andrew Leigh Brown.

Les lois de nombreux pays sanctionnent comme un crime la transmission sexuelle du sida par une personne qui se sait contaminée.

Les auteurs évoquent le "cas Glenochil" : une peine de cinq de prison a été infligée en Ecosse à un toxicomane qui se savait séropositif. L'homme avait contaminé en 1994 une jeune mère de trois enfants lors de rapports sexuels non protégés, sans jamais l'avoir averti qu'il était contaminé par le VIH.

Cette criminalisation vise la non-révélation d'une contamination dépistée. Mais qu'en est-il en l'absence de test ? Les auteurs redoutent que le test, initialement encouragé dans le cadre d'une politique de réduction des risques, soit à présent perçu comme une menace.

Une personne qui n'a pas fait de test, peut toujours en effet plaider l'ignorance si elle se retrouve traduite en justice, notent-ils.

En se basant sur des modèles de calculs statistiques, les chercheurs suggèrent que ce jugement pourrait réduire notablement le recours aux tests.

"Même une réduction modeste (de 25%) du recours aux tests parmi les personnes effectivement infectées pourrait entraîner une augmentation d'un tiers de nouvelles infections par voie sexuelle, et ceci, même dans le cas où toutes personnes testées positives le disent à leur partenaire", estiment les chercheurs.

Si le recours aux tests chute de l'ordre de 40%, le nombre de nouvelles infections pourrait bien doubler, ajoutent-ils.

Condamnera-t-on un séropositif testé qui éprouve des difficultés à révéler son état à son partenaire en cas d'accident de préservatif (rupture) ou encore une mère séropositive qui allaite son bébé, interrogent-ils.

La peur d'une condamnation pourrait aussi décourager le séropositif qui voudrait avertir son partenaire pour qu'il prenne un traitement antiviral d'urgence en cas de rupture de préservatif.

Pour les auteurs, loin de protéger le public, le cas Glenochil, favorise l'ignorance au dépens de la responsabilité individuelle.

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