PEKIN, 14 nov (AFP) - Des paysans de la province du Henan (centre) malades du sida venus à Pékin pour recevoir des soins sont retenus à l'hôpital durant la première conférence nationale sur l'épidémie et ne pourront sortir qu'en fin de semaine, a-t-on appris mercredi d'une source proche des malades.
Alors qu'ils devaient recevoir mercredi des résultats d'analyse et, pour certains d'entre eux, un traitement expérimental à base de médicaments chinois, les sept paysans, qui n'avaient pas été hospitalisés en fin de semaine dernière, ne peuvent plus sortir de l'hôpital de Ditan à Pékin où ils n'ont également plus accès au téléphone, selon cette même source.
"Ils devront attendre vendredi, dernier jour de la conférence nationale sur le sida, pour pouvoir sortir après avoir pris connaissance des résultats des analyses de sang déterminants pour savoir s'ils peuvent suivre à domicile le traitement expérimental", a déclaré la même source en précisant que la presse n'avait pas plus accès à ces malades.
L'hôpital aurait dit aux malades qu'un appareil nécessaire aux analyses de sang ne fonctionnait plus.
Dans le même temps, une lettre signée de neuf paysans, dont ceux actuellement à l'hôpital de Ditan, a été remise par un journaliste du Xinbao au vice-ministre chinois de la Santé Yin Dagui, rapporte mercredi ce journal.
Dans cette lettre parvenue à l'AFP, les signataires, originaires du village de Dongguan où plus de la moitié de la population de plus de 600 habitants est, selon eux, séropositive, demandent notamment l'ouverture d'une enquête sur les pratiques de collecte de sang dans la province du Henan dans la première moitié des années 90 et la poursuite des responsables devant les tribunaux.
Dans cette province qui compte plus de 90 millions d'habitants, des stations de collecte de sang avaient été installées par les autorités provinciales dans les campagnes, où les paysans venaient vendre leur sang, parfois plus de dix fois par mois.
La pratique consistait à prélever le plasma et à réinjecter ensuite au donneur le reste du sang qui avait cependant été préalablement mélangé à celui d'autres donneurs.
Des experts indépendants ont estimé que cette pratique a conduit à la contamination de un pour cent de population du Henan, soit près d'un million de personnes. Le gouvernement parle quant à lui de 30.000 à 50.000 cas.
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