TOKYO, 2 oct (AFP) - "L'Asie est un nouveau champ de bataille crucial pour la lutte contre l'épidémie de sida" et tous les pays concernés doivent rapidement adopter des programmes de prévention, a estimé mardi à Tokyo, Peter Piot, directeur exécutif du programme des Nations-Unies pour le HIV/SIDA.
"Actuellement la perception en Asie est que le problème (du SIDA) concerne particulièrement l'Afrique mais l'Asie est très vulnérable. Les actions décidées aujourd'hui décideront de la forme de l'épidémie dans dix ans", a mis en garde M. Piot, lors d'une conférence de presse à l'Université des Nations Unies.
"Les pays les plus affectés sont la Thaïlande, le Cambodge et la Birmanie. Deux d'entre eux, la Thaïlande et le Cambodge, ont obtenu des résultats assez impressionnants avec une réduction des infections en dix ans", a estimé M. Piot.
Le Cambodge où "une modeste réduction du taux d'infection a été constatée" a suivi le "modèle thaïlandais" basé sur une forte mobilisation des dirigeants du pays et une campagne agressive de promotion de l'usage des préservatifs.
Selon M. Piot, l'épidémie atteint des proportions inquiétantes dans d'autres pays de la région comme l'Inde. "On est proche des 5 millions de séropositifs, sur 1 milliard de personnes cela peut paraître peu mais le potentiel pour une diffusion de la maladie est là", a-t-il averti.
"Au Vietnam, le nombre de personnes contaminées augmente aussi et en Chine, on a assisté à des déclenchements au sud par exemple liés à la consommation de drogue et dans la province d'Henan où la contamination est liée au commerce du sang, y compris dans des communautés rurales", a noté M. Piot.
D'une manière générale, selon M. Piot, l'épidémie de HIV/SIDA "s'est répandue plus lentement qu'en Asie mais d'un point de vue historique, on n'en est qu'au début de l'épidémie" dans la région.
"Il y a un faux sentiment de sécurité en Asie alors que l'on peut prévenir des catastrophes encore plus grandes en prenant tout de suite des mesures et organisant des campagnes de prévention", a ajouté M. Piot.
M. Piot a expliqué sa présence au Japon par des discussions en cours pour créer un Fond Global pour la Santé (Global Health Fund) dont l'idée avait été lancée en juillet 2000 au Japon lors du sommet du G8 à Okinawa pour contribuer à financer les programmes existants de lutte contre le SIDA.
"Pour quelque chose qui n'existe pas, c'est déjà remarquable de noter que nous avons obtenu des promesses de financement de 1,5 milliard de dollars, y compris de pays comme le Nigéria, l'Ouganda ou l'Afrique du sud", a souligné M. Piot, qui a annoncé la mise en place du Fonds d'ici la fin de l'année.
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