TOKYO, 2 oct (AFP) - Une jeune femme japonaise a donné naissance à un bébé conçu par insémination artificielle utilisant le sperme assaini d'un porteur du virus HIV qui provoque le SIDA, ce qui représente une première au Japon, a-t-on appris de sources médicales.
La mère qui a accouché pendant l'été et l'enfant se portent bien et aucun des deux n'a été contaminé par le virus, a indiqué Tasuku Harada, médecin du département de gynécologie de l'hôpital universitaire de Tottori, dans l'ouest du Japon, à 500 km de Tokyo, membre de l'équipe ayant effectué l'intervention.
"La maman et le bébé sont séronégatifs. Les parents sont un couple d'une vingtaine d'années qui résident dans la région de Chugoku (sud-ouest) et était venu pour une première consultation il y a deux ans", a indiqué à l'AFP le médecin qui enseigne à la faculté de médecine de Tottori.
Selon lui, "il s'agit d'une première pour le Japon mais dans le monde, il y a déjà 250 bébés nés avec cette méthode en Italie et quelques uns en Espagne".
Le papa du bébé est hémophile et a été contaminé par le virus du SIDA après avoir été traité avec des produits sanguins non chauffés, selon l'agence de presse Kyodo qui cite les médecins.
"Avant l'acte d'insémination (effectué par fécondation de l'ovule directement dans l'utérus), l'hôpital a pratiqué plusieurs filtrages à partir de mai 2000", a précisé M. Harada. Selon M. Harada, l'hôpital a utilisé des techniques spéciales pour retirer via une procédure de "rinçage" le virus du liquide séminal, déjà expérimentées en Italie et en Espagne.
M. Harada a souligné que Tottori avait utilisé en outre un test mis au point par un médecin de l'Université de Keio et permettant de vérifier si les spermatozoïdes sont bien libérés du virus HIV.
"La probabilité d'une infection avec ce traitement est pratiquement de zéro sur 1.500 traitements en Italie et sur 100 en Espagne", a estimé M. Harada, en précisant n'avoir pas reçu d'informations sur des contaminations.
Selon le quotidien Yomiuri Shimbun, cette procédure comporte toutefois quelques risques avec une probabilité d'infection estimée à un cas sur 4.000.
En août, l'hôpital de Niigata, à 250 km au nord de Tokyo, a annoncé que deux femmes sont enceintes après avoir été fécondées par insémination in vitro avec du sperme assaini de leurs maris séropositifs, en utilisant une autre technique développée par Hideji Hanabusa, chef du département d'hématologie de la clinique privée d'Ogikubo à Tokyo. Les deux femmes devraient accoucher respectivement à la fin de l'année et au début de l'an prochain.
Le ministère de la Santé avait répertorié à la date du 24 juin 7.680 malades du SIDA ou porteurs du virus HIV, dont 1.432 hémophiles contaminés par des échantillons sanguins. Sur ce total, au moins 1.225 personnes sont décédées. La plupart des hémophiles séropositifs japonais ont été infectés par des produits sanguins non chauffés.
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