LIBREVILLE, 26 déc (AFP) - Un chercheur gabonais, à qui le gouvernement a sommé début décembre de mettre fin à l'expérimentation humaine d'un complexe moléculaire censé lutter contre le sida et baptisé IM 28, qualifie cette décision de "regrettable".
"L'IM 28 constitue une thérapie substitutive, tout comme pour le diabète et l'hypertension artérielle. L'interrompre, c'est poser un acte préjudiciable au malade", a déclaré le Pr Donatien Mavoungou dans une interview publiée mardi par le quotidien L'Union.
Ce chercheur, docteur ès sciences, membre de l'Académie mondiale des technologies biomédicales et auteur d'une cinquantaines de publications internationales, a précisé que "près de 600 malades" bénéficiaient jusqu'à présent de l'IM 28 "complexe moléculaire de substances naturelles issues du corps humain et de source alimentaires".
"Ces malades attendent maintenant la levée de l'interdiction pour poursuivre une thérapeutique qui, loin de leur être néfaste, les a aidés à récupérer leur poids (...), indice le plus probant pour leur survie", a-t-il précisé.
Le gouvernement gabonais, lors d'un conseil des ministres, avait "exhorté le Pr Mavoungou à arrêter l'administration de l'IM 28 aux humains et mis en garde les populations contre l'utilisation d'un produit dont les conséquences demeurent inconnues".
Le communiqué du conseil affirmait, s'appuyant sur des conclusions d'experts nationaux et internationaux consultés sur ce produit, que "la rigueur scientifique nécessaire en matière de recherche n'a pas été respectée et que les effets positifs n'ont pas été prouvés (...)".
Le chercheur gabonais, rappelant que son produit a fait l'objet d'une communication lors de la XIIIème conférence internationale sur le sida de Durban et d'un brevet international déposé à l'Institut français de la propriété intellectuelle (IFPI), s'est déclaré "surpris de la rapidité avec laquelle les experts nationaux et politiques se sont attelés à présenter un rapport négatif sur l'IM 28, sans détails précis".
"A ce jour, le rapport de l'ONUSIDA n'est pas encore parvenu au ministère de la santé" a-t-il encore affirmé.
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