ROME, 2 déc (AFP) - Le ministre italien de la Santé Umberto Veronesi s'est élevé contre "l'hypocrisie générale" en Italie sur des sujets comme la drogue, le sida ou la contraception, dans un entretien au quotidien La Repubblica de samedi.
"J'ai été chargé d'un ministère dans une période où, entre Jubilé et échéances électorales, il est difficile d'affronter certains thèmes avec sérénité, pragmatisme et esprit laïque", a constaté M. Veronesi, dont les récentes prises de position en faveur de l'administration contrôlée d'héroïne ou du préservatif, ont irrité le Vatican mais aussi ses propres alliés politiques.
"J'aurais pu m'adapter à la quiétude ambiante, à l'hypocrisie générale, et me limiter à couper les rubans. Mais dans ce cas là, il aurait mieux valu rester à la maison", a ajouté ce cancérologue réputé et sans appartenance politique, nommé ministre de la Santé en avril dernier dans le gouvernement de centre-gauche de Giuliano Amato.
"La distance entre le discours politique, toujours plus virtuel, modelé sur les médias, et le discours scientifique, lié aux faits, est évidente", a-t-il dit, déplorant que "les politiciens soient plus interessés par le consensus électoral que par la santé des citoyens".
M. Veronesi a réitéré ses positions en faveur du préservatif, "instrument de défense exceptionnel contre le sida", et contre la prohibition totale de la drogue, "un échec avéré" pour lutter contre la toxicomanie.
"Je n'ai dit qu'une série de banalités prudentes, le minimum indispensable", a-t-il poursuivi.
En début de semaine, le chef du gouvernement italien Giuliano Amato a nettement pris ses distances avec son ministre sur la question de la drogue, tandis que vendredi, journée mondiale de lutte contre le sida, le Vatican réitérait son opposition au préservatif et prônait la chasteté pour combattre la maladie.
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