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AfSud-Afrique-SIDA-ONU: L'Afrique sub-saharienne, la région la plus touchée par le SIDA (PAPIER D'ANGLE)
Philippe Bernes-Lasserre
Agence France-Presse - l'novembre 28, 2000 pulse el botón aquí para la versión del idioma inglesa de Agence Francia-Presse las noticias

JOHANNESBURG, 28 nov (AFP) - L'Afrique sub-saharienne reste la région du monde la plus touchée par le SIDA en 2000, avec 25,3 millions de malades ou de porteurs du virus VIH (70% des cas mondiaux), mais on y note pour la première fois une légère stabilisation des nouvelles infections, selon l'ONUSIDA.

Dans ce continent, l'Afrique du Sud est demeurée en 2000 le pays comptant le plus de séropositifs ou de malades au monde, avec 4,2 millions, soit 10% des adultes. La proportion atteint ou dépasse 15% de la population adulte dans huit pays africains, dont un effroyable 35% au Botswana, où le SIDA a fait passer l'espérance de vie de 69 à 44 ans.

2,4 millions d'Africains sont morts en 2000 de maladies liées au SIDA, contre 2,2 millions en 1999 ce qui représente onze fois plus de décès que dans tous les conflits du continent cette année-là (200.000 morts), a souligné Jesper Morch, représentant de l'UNICEF et président du Groupe de travail de l'ONU sur le SIDA en Afrique du Sud, en présentant les statistiques annuelles de l'ONUSIDA à Johannesburg.

Avec 3,8 millions de nouvelles infections, contre 4 millions en 1999, le rapport d'ONUSIDA "suggère que le nombre annuel de nouvelles infections s'est stabilisé", a déclaré Morch. "Mais nous n'avons pas encore vu le pire de l'épidémie", a-t-il prévenu.

"La stabilisation de l'épidémie est un indice que les efforts de prévention entrepris commencent à avoir un impact", a commenté Morch. "Nous avons atteint un stade... où beaucoup de gens infectés il y a des années commencent à tomber malades et à mourir".

Cette stabilisation recouvre aussi de fortes disparités entre des pays où l'épidémie a sans doute atteint son sommet, comme l'Ouganda, et d'autres, tels l'Afrique du Sud, avec l'un des plus rapides taux de croissance de l'épidémie. En Ouganda, le taux d'infection adulte est passé de 14% au début des années 90 à environ 8% aujourd'hui; en Afrique du Sud, la prévalence adulte de 12,9% en 1998, atteint 19,9% aujourd'hui.

"Et cette tendance (à la stabilisation) ne tiendra pas si des pays comme le Nigeria - 2,7 millions de cas - commencent à expérimenter une rapide expansion de l'épidémie", met encore en garde le rapport de l'ONUSIDA (Programme de l'ONU contre le SIDA).

Pour l'Afrique dans son ensemble, qui a déjà enterré les trois-quarts des 20 millions de morts du SIDA au monde depuis le début de l'épidémie, les projections d'ONUSIDA restent catastrophiques: dans les pays les plus touchés, le SIDA tuera un tiers des jeunes âgés de 15 ans aujourd'hui. L'Afrique du Sud comptera en 2005 un millions d'orphelins du SIDA, 2 millions d'ici à 2010.

Encore relativement difficile à évaluer, l'impact économique du SIDA est indéniable. Une étude sur le Botswana a calculé que le SIDA avalera 20% du budget de l'Etat. En Afrique du Sud le PNB sera en 2010 de 17% inférieur à ce qu'il eût été sans le SIDA.

Ces sombres statistiques masquent le réel impact du SIDA sur le terrain, dans les foyers décimés par la mort du soutien de famille. Dans des zones rurales d'Afrique du Sud, rapporte le ministère du Développement social, la plupart de ces familles sont "dirigées" par des enfants d'une dizaine d'années, ou des personnes de 60-65 ans, après la mort de la génération intermédiaire.

Un facteur aggravant reste le stigmate social attaché à la maladie: le ministère a relaté le cas d'un "chef" de famille de... 11 ans dans le KwaZulu-Natal (est), en charge de soeurs d'un et trois ans après la mort des parents. Et dont les voisins déposaient de nuit en cachette de la nourriture devant la case, pour ne pas être vus ou associés avec la famille "malade".

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