WASHINGTON, 19 oct (AFP) - Un vaccin à base d'acide désoxyribonucléique (ADN), utilisé avec une protéine renforçant le système immunitaire, a permis de contrôler le développement de la contamination par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH), et d'empêcher l'apparition du SIDA chez le singe, rapportent des chercheurs dans la revue Science à paraître vendredi.
Le vaccin, soulignent les scientifiques, n'a pas évité l'infection des singes, mais il a renforcé leur système immunitaire et le virus est resté à des taux indétectables. Par ailleurs, les animaux n'ont pas développé le SIDA et ne sont pas morts des suites de la contamination.
Cette étude laisse penser qu'une "réponse immunitaire puissante provoquée par un vaccin peut changer de façon importante l'issue d'une contamination par le VIH", souligne le principal auteur, le Dr Dan Barouch, du centre médical Beth Israel Deaconess à l'université Harvard à Boston (Massachusetts).
Selon les chercheurs, 140 jours après avoir été infectés, les singes ayant reçu le vaccin et la protéine avaient plus de cellules immunitaires CD8+ et CD4+ que les autres, leur taux de virus était indétectable et aucun n'avait le SIDA.
En revanche, l'état de santé de ceux qui n'avaient pas été vaccinés avait rapidement empiré. Leurs cellules immunitaires ont diminué, le taux de VIH a augmenté et plusieurs ont développé le SIDA. Quelque 140 jours après la contamination, la moitié étaient morts.
Enfin, les singes qui avaient reçu le vaccin sans la protéine ont eu une réponse mitigée à l'infection, mais deux d'entre eux seulement ont développé le SIDA.
Le vaccin contient de l'ADN issue de l'enveloppe et du coeur du VIH et a pour but de stimuler la production des cellules immunitaires T appelées CD8+, qui visent plus spécifiquement ce virus. La protéine donnée en complément est un ensemble formé par une protéine d'interleukine-2 et un morceau d'immunoglobine G.
Les chercheurs estiment que d'autres stratégies que la protéine peuvent être utilisées pour renforcer les effets du vaccin.
D'autre part, ils ne savent pas combien de temps le vaccin sera efficace et ils pensent que plusieurs injections pourraient être nécessaires pour maintenir son effet de protection.
Dans un commentaire publié avec cette étude, les professeurs Xuefel Shen et Robert Siliciano, de l'université Johns Hopkins à Baltimore (Maryland), notent que si une telle stratégie pouvait être appliquée à l'homme, cela "diminuerait énormément" le taux de transmission du VIH et le nombre de morts par le SIDA dans le monde, notamment là où les traitements actuels ne peuvent pas être employés.
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