WASHINGTON, 29 août (AFP) - Le virus de l'immunodéficience humaine (VIH), connu pour détruire les cellules T du système immunitaire, s'attache également aux cellules B du sang pour se répandre dans l'organisme, ont découvert des chercheurs des Instituts nationaux américains de la santé (NIH).
Cette étude, à paraître dans le numéro de septembre du Journal of Experimental Medicine, "ouvre de nouvelles voies pour traiter l'infection", souligne le Dr Anthony Fauci, directeur de l'Institut national pour l'allergie et les maladies infectieuses (NIAID).
Elle "renforce notre compréhension du processus par lequel le VIH se maintient dans le corps et pourrait expliquer partiellement les anomalies relevées dans le fonctionnement des cellules B chez les personnes infectées" par ce virus, ajoute-t-il.
Les chercheurs ont mis en évidence, en laboratoire, que le VIH pouvait s'accrocher à la surface des cellules B. Etant donné l'interaction de ces dernières et les cellules T dans le système immunitaire, elles peuvent parfaitement se transmettre le virus, estiment les chercheurs.
"Le VIH ne semble pas se reproduire à l'intérieur des cellules B, mais il voyagerait accroché à leur surface pour ensuite sauter sur les cellules T proches" et les détruire, note le principal auteur de l'étude, le Dr Susan Moir.
Les cellules B et T s'attachent constamment les unes aux autres, temporairement, pour échanger des informations et coordonner leur réponse immunitaire à une attaque par un virus.
Cette découverte pourrait également expliquer pourquoi les cellules B des personnes infectées par le VIH fonctionnent mal, par exemple en "produisant de manière incontrôlée des anticorps", indique le Dr Moir.
"Dans le passé, les scientifiques ont pensé que cela était dû principalement à des effets indirects de l'infection par le VIH, mais maintenant nous avons une preuve que certaines anomalies des cellules B pourraient être dues à une interférence directe du virus", écrit-elle.
Jusqu'à présent, souligne le Dr Moir, "les scientifiques n'ont pas beaucoup observé les cellules B lors d'infections par le VIH" et cette "recherche offre une nouvelle chance de mieux comprendre la nature complexe de la maladie".
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