MOMBASA, (Kenya), 26 nov (AFP) - Le président kényan Daniel arap Moî a reconnu que le Sida, qui tue 500 personnes par jour au Kenya, était une catastrophe nationale, mais s'est opposé à la promotion du préservatif comme moyen de lutte contre la pandémie.
M. Moî s'exprimait à l'occasion de l'ouverture officielle à Mombasa d'un symposium de sensibilisation au Sida pour les députés, qui devait durer quatre jours. Le président kényan a ordonné la mise en place immédiate d'un Conseil national de contrôle de la maladie.
Ce nouvel organe coordonnera les différentes initiatives lancées pour endiguer la propagation du HIV, le virus qui génère le Sida.
Daniel arap Moi a précisé que ni son gouvernement ni les églises kényanes ne prôneraient l'utilisation du préservatif comme méthode de prévention, car cela reviendrait à inciter la jeunesse à la licence.
"Les jeunes doivent être informés de la futilité de la promiscuité sexuelle", a-t-il lancé.
Les élèves des écoles et lycées kényans commenceront à partir du mois de janvier à suivre des cours spéciaux sur le virus HIV et le Sida.
Les chefs traditionnels et leurs assistants ont reçu consigne de constituer des conseils d'anciens afin de remédier à des pratiques culturelles et à des croyances qui favorisent la diffusion de cette pandémie mortelle.
La maladie tue chaque jour près de 500 Kényans et deux millions de séopositifs, (sur une population de 30 millions d'habitants), pourraient en mourir dans les dix prochaines années, s'est alarmé M. Moi.
Le président kényan a qualifié le Sida de tragédie pour l'ensemble de l'humanité et souligné qu'il s'agissait du plus difficile obstacle pour la santé et le développement socio-économique.
M. Moi a enjoint les tribunaux de traiter avec la plus grande sévérité les personnes reconnues coupables de répandre sciemment la maladie.
Le représentant de l'UNICEF (Fonds des Nations unies pour l'enfance), Crispin Wilson a stigmatisé le fléau du Sida, estimant qu'il s'agissait de la Troisième guerre mondiale non-déclarée en Afrique et la plus lourde menace pour l'avenir du continent.
Il a rappelé que la pandémie avait déjà emporté près de 760.000 victimes au Kenya et que le nombre de personnes contaminées, dont 55 % de femmes et de jeunes, augmentait à un rythme inquiétant.
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