LE CAP (Afrique du Sud), 16 nov (AFP) - L'Afrique du Sud n'a pas les moyens de se procurer le médicament AZT pour combattre l'épidémie du SIDA, a déclaré mardi la ministre sud-africaine de la Santé, justifiant ainsi le refus gouvernemental d'autoriser l'utilisation de cet antiviral.
L'administration de l'AZT aux séropositifs, estimés à quatre millions dans le pays, coûterait au gouvernement dix fois le budget total de la Santé, a expliqué au Parlement au Cap la ministre de la Santé Manto Tshabalala-Msimang.
Cette somme représenterait, selon les prix courants du marché, 140 fois les dépenses pharmaceutiques du secteur public, a-t-elle précisé.
La ministre a réitéré les déclarations controversées du président Thabo Mbeki en octobre, selon lesquelles l'efficacité et l'innocuité du traitement n'étaient pas prouvées.
L'Afrique du Sud mène des recherches sur la capacité de l'AZT, utilisé dans le monde entier, à réduire la transmission du virus VIH, y compris celle de la mère à l'enfant, et sur un nouveau médicament moins coûteux, la Nevirapine, a déclaré la ministre.
De nombreux appels ont été lancés dans le pays en faveur de l'accès au traitement pour les personnes malades du SIDA, les victimes de viols et les femmes enceintes atteintes du virus, pour combattre le taux élevé de la maladie en Afrique du Sud.
Selon les statistiques gouvernementales, en juillet 1999, un Sud-Africain sur 11 était séropositif.
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