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Zimbabwe-social-santé: Détérioration des services de santé au Zimbabwe
Lawrence BARTLETT
Agence France-Presse - sept 23, 1999

HARARE, 23 sept (AFP) - La détérioration des services médicaux a atteint un niveau alarmant au Zimbawe, où les linges souillés par le sang des malades du SIDA doivent être lavé à la main en raison d'équipements en panne alors que les internes poursuivent leur grève jeudi, pour le troisième jour consécutif.

Dans tout le pays, les plus grands hôpitaux du pays ont commencé à faire partir des malades alités et à cesser d'en admettre de nouveaux, selon des sources médicales.

Les salles d'attente habituellement pleines de l'hôpital principal de Harare (Parirenyatwa) étaient pratiquement désertes jeudi. Les malades et les blessés ont dû rebrousser chemin: seuls quelques médecins étrangers ou patrons assuraient les urgences.

Quatre cents des 900 internes du pays, qui sont obligés de travailler pendant deux ans pour les hôpitaux publics après leur diplôme, sont en grève. Leur mouvement a suscité des réactions de sympathie des autres médecins, des patrons et même du ministre de la Santé Timothy Stamps.

Les jeunes médecins ne font pas seulement grève pour de meilleurs salaires, mais aussi pour une restructuration de tout le système de santé. Selon eux, les médecins assistent impuissants à la mort des malades en raison du manque de fournitures essentielles.

Le président de l'association des médecins hospitaliers Nyasha Masuka a déclaré à l'AFP qu'au Harare's Hospital, l'un des plus importants de la capitale, des chômeurs lavaient sans machines le linge souillé parce que les équipements étaient en panne. "Ils lavent à la main du linge utilisé par des patients qui ont le (virus du SIDA) VIH, a-t-il dit. Et les médecins n'ont pas de gants pour se protéger".

Pour sa part un médecin étranger de l'hôpital Parirenyatwa a indiqué à l'AFP que le matériel dans les salles d'opération "était gravement indadéquat".

"Il n'y a même pas de savon pour que les médecins puissent se laver les mains et, si nous pouvions le faire, il n'y a pas de serviettes pour s'essuyer les mains", a-t-il ajouté.

"On ne peut examiner les patients correctement parce qu'on n'a pas les équipements nécessaires", a fait valoir ce médecin étranger sous couvert de l'anonymat. "Une semaine, il n'y a pas de matériel pour intraveineuses, la semaine suivante pas de sang ou de films pour les radios".

Certains médecins hautement qualifiés, a-t-il dit, ont commencé à participer à la grève des plus jeunes, par solidarité et pour protester contre les conditions de travail.

Le Dr Masuka et d'autres internes ont déclaré mercredi qu'ils regrettaient les souffrances entraînées par leur mouvement, mais qu'ils poursuivraient la grève jusqu'à la satisfaction complète de leurs revendications.

"Les internes font le travail de cinq médecins en raison des sous-effectifs. On travaille parfois 56 heures de suite", selon le dr Masuka. Les autorités, selon lui, envisagent de fermer l'un des hôpitaux de la capitale.

Lors de la dernière grève des médecins en 1995, les médecins militaires étaient intervenus pour maintenir un service minimum.

Mais, aujourd'hui, a expliqué le Dr Masuka, cela n'est plus possible, la plupart de ces médecins sont en République démocratique du Congo (RDC) où le Zimbabwe soutient le président Laurent-Désiré Kabila contre la rébellion.

Les médecins soulignent que l'appui à Kabila coûte officiellement trois millions de dollars par mois et que cette somme est scandaleuse face à l'effondrement des services de santé.

Les internes touchent environ un salaire brut de 400 dollars US par mois, mais après déductions, il ne leur reste que 160 USD.

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