PARIS, 17 sept (AFP) - La conférence internationale sur le SIDA en Afrique, qui s'est achevée jeudi soir à Lusaka, a laissé triompher "un discours scandaleux prônant l'abstinence, l'ordre moral, la médecine traditionnelle et renvoyant la lutte contre le SIDA quinze années en arrière", a estimé vendredi Act Up, dans un communiqué.
Selon l'association française de défense des victimes du SIDA, la conférence de Lusaka "aura au moins servi à faire entendre sans équivoque que l'épidémie de SIDA est bien une catastrophe sanitaire mondiale, une épidémie qui prend des proportions alarmantes, tue des millions de personnes, condamne l'économie et le développement des pays".
"Cette conférence aura été totalement désertée par les leaders politiques", constate l'association, qui dénonce la "contribution dérisoire" de 30 millions de francs de la France. "Depuis quinze ans, la communauté internationale ignore la gravité de la situation et se refuse à prendre les mesures qui s'imposent", selon Act Up, qui constate que "la prévention est un échec dans les pays les plus touchés parce que le SIDA reste un tabou, une fatalité".
"On ne luttera pas contre le SIDA en mettant de côté la prise en charge médicale", explique l'association, estimant que la conférence ONU-SIDA avait "évincé délibérement l'accès aux soins et aux traitements".
Enfin, Act Up "exige que l'Union européenne s'explique sur son silence et que le gouvernement français s'engage enfin véritablement".
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