LUSAKA (Zambie), 15 sept (AFP) - Les pays d'Afrique sub-saharienne ont besoin d'une aide "massive" pour faire face à la pandémie de SIDA qui est en train de transformer leur région en "champ d'exécution" a déclaré mercredi la directrice de l'UNICEF, Carol Bellamy à Lusaka, en Zambie.
"Les Etats-Unis dépensent chaque année 880 millions de dollars pour lutter contre leurs 40.000 nouveaux cas annuels de SIDA, mais l'Afrique qui doit, dans le même laps de temps, faire face à quatre millions de nouvelles infections, ne dispose que de 149 à 160 millions de dollars, et cela est tout simplement inacceptable", a-t-elle précisé lors de la 11ème conférence internationale sur le SIDA qui s'achève jeudi.
"En 1998, a rappelé Mme Bellamy, environ 200.000 personnes - pour la plupart des femmes et des enfants - sont mortes dans les guerres qui ont ravagé l'Afrique mais, pendant la même période, sur le même continent, le SIDA a fait deux millions de morts" a rappelé Mme Bellamy.
La responsable de l'UNICEF a également souligné l'importance du nombre d'orphelins en Afrique - qui va croissant - et constitue déjà "une charge énorme" pour ces pays.
A ce jour, sur ce continent seulement, plus de 8 millions d'enfants ont perdu leur mère ou leurs deux parents à cause du SIDA et on s'attend que ce chiffre atteigne 13 millions en l'an 2000. La plupart de ces orphelins vivent en Afrique sub-saharienne, a précisé Mme Bellamy.
Selon l'UNICEF, le nombre des enfants qui sont aussi chefs de famille est en augmentation très forte et les décennies de progrès réalisés, notamment pour la réduction de la mortalité infantile, sont balayées par le virus.
"Le SIDA en Afrique, loin d'être un problème médical plus important que les autres est en fait une catastrophe sans précédent pour le développement", a constaté Mme Ballamy.
Cette dernière a, par ailleurs, souligné les perpectives encourageantes offertes par la névrirapine, un nouveau médicament qui permet de réduire de façon importante (de moitié selon les premières expérimentations) la transmission du virus de la mère à l'enfant, à raison d'un traitement de trois jours seulement, et pour le coût minime de quatre dollars (24 francs).
"Il est vrai que même un médicament à quatre dollars va poser un défi pour de nombreux pays africains mais ne pas le mettre à disposition coûterait infiniment plus cher", a martelé la directrice de l'UNICEF.
Selon les experts, la transmission mère-enfant représente 20 à 35 % des contaminations survenant en Afrique.
"Si des dispositions immédiates visant à réduire fortement la transmission du VIH de la mère à l'enfant ne sont pas prises, les services de santé africains déjà surchargés, seront totalement incapables de faire face aux besoins de la masse des malades et des enfants sur le point de mourir", a mis en garde Mme Bellamy.
Selon ONU-SIDA, sur dix personnes nouvellement infectées par le virus du SIDA en 1998, sept vivent en Afrique sub-saharienne et, sur 10 enfants de moins de 15 ans contaminés, neuf vivent aussi dans cette région du monde.
Depuis le début de l'épidémie, 83 % des décès liés au SIDA sont survenus en Afrique australe et au moins 95 % des "orphelins du SIDA" vivent dans cette région.
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