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SIDA-Afrique: Le coût humain et économique du désastre qui dévaste l'Afrique
Susan NJANJI
Agence France-Presse - sept 13, 1999

LUSAKA, 13 sept (AFP) - La conférence internationale sur le SIDA en Afrique (CISMA) a commencé à examiner lundi à Lusaka les coûts de la pandémie qui risque de faire disparaître au 21ème siècle les bénéfices du siècle finissant.

Au second jour de cette conférence, qui réunit une cinquantaine de pays dans la capitale zambienne, le vice-président de la BM pour l'Afrique, Castillo Madavo, a estimé qu'"une majorité des pays africains entrera dans le 21ème siècle en assistant à l'évaporation des gains du 20ème".

"C'est un impact d'ensemble", a-t-il estimé citant "la prolongation de la maladie, la fracture des familles, l'affaiblissement de la force de travail, l'implacable rituel des funérailles et les morgues qui ne ferment même plus".

En une quinzaine d'années, la maladie a tué 11 millions de personnes en Afrique où 22,5 millions de gens vivent avec le virus (séropositifs et malades du SIDA ensemble).

Plus de la moitié des nouvelles infections en Afrique touchent les moins de 25 ans, selon l'ONUSIDA. Chaque année, environ 1,7 million d'entre eux sont infectés.

En Zambie, aujourd'hui, un jeune de 15 ans a 60% de chances de mourir du SIDA.

"L'impact de la maladie en Afrique sub-saharienne est catastrophique et le scénario va s'aggraver à moins que les dirigeants du monde ne travaillent ensemble pour investir plus --beaucoup plus-- dans les efforts de prévention et les programmes pour répondre à la multitude de problèmes sociaux et économiques que le SIDA a provoqués", a souligné Peter Piot, directeur exécutif de l'ONUSIDA.

"Le SIDA fait peser maintenant la plus grande menace sur le développement de l'Afrique", a-t-il ajouté.

Au plan de l'éducation, a souligné le professeur Michael Kelly (Université de Zambie), moins d'enfants vont à l'école en raison du SIDA et du manque de ressources provoqué par la maladie.

"Pratiquement chaque aspect de l'éducation est vulnérable au SIDA/HIV", a-t-il dit.

Les entreprises commencent à souffrir. Au Zimbabwe, par exemple, les prix des polices d'assurance-vie ont quadruplé en deux ans à cause du SIDA.

En outre, seulement un pour cent des Africains touchés par le virus ont accès aux soins et au soutien nécessaires. Un nouveau cocktail de médicaments coûte 12.000 dollars par an et par personne: inabordable pour les pays africains, même pour ceux qui essaient d'introduire les bitherapie ou trithérapie.

Des négociations sont en cours entre les pays africains et l'industrie pharmaceutique occidentale pour faciliter aux millions d'Africains infectés l'accès aux médicaments anti-rétroviraux, avait indiqué dimanche Peter Piot.

Pour lui, le fossé entre pays riches et pays pauvres pour le traitement des personnes infectées par le virus HIV "moralement répréhensible".

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