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SIDA-Afrique: Le SIDA décrété "désastre" nécessitant des réponses urgentes
Susan NJANJI
Agence France-Presse - sept 12, 1999

LUSAKA, 12 sept (AFP) - Les dirigeants africains représentés à la 11ème conférence internationale sur le SIDA en Afrique (CISMA) ont décrété dimanche à Lusaka que le SIDA était un "désastre" qui nécessitait de trouver des réponses urgentes.

Les dirigeants africains ont accédé aux souhaits et aux pressions de plusieurs orateurs qui souhaitaient que l'on reconnaisse l'urgence de la situation. "Le SIDA/VIH est un désastre national dans nos pays qui nécessite une réponse d'urgence", ont-il affirmé dans une déclaration lue à la fin de la cérémonie d'ouverture.

Parmi les premières réponses à la maladie figurent les médicaments. Mais ils restent hors de prix pour l'Afrique et faute de pouvoir bénéficier des traitements qui pourraient prolonger leur vie, ou tout au moins les soulager, de nombreux malades ont transformé certains hôpitaux en mouroirs.

A l'ouverture de la conférence, le Belge Peter Piot, directeur exécutif de l'ONU-SIDA, a expliqué qu'avec des médicaments génériques - moins coûteux que les spécialités - l'Afrique pourrait faire beaucoup pour traiter et prévenir les infections opportunistes et réduire la douleur.

L'ONU, ainsi qu'un nombre croissant de pays comme l'Ouganda et la Côte d'Ivoire, sont en train de négocier avec l'industrie pharmaceutique pour que ces médicaments soient plus accessibles", a précisé Peter Piot.

Certains Etats souhaitent fabriquer chez eux les médicaments et les spécialistes étudient des transferts de technologie, des importations parallèles et des achats groupés de médicaments.

A titre d'exemple, un nouveau tratement - un cocktail d'inhibiteurs de protéases - coûte 12.000 dollars US.

Les dirigeants présents à Lusaka se sont engagés à faire du SIDA une priorité dans tous les programmes de développement et à "faire preuve de leadership politique en augmentant les ressources disponibles" pour les questions liées au SIDA/HIV.

Les chefs d'Etat africains et de gouvernements, représentés par leurs vice-présidents et ministres, se sont engagés à augmenter les moyens financiers qui permettront de limiter l'extension de la pandémie, laquelle fait plus de victimes que les guerres sur le continent, selon l'UNICEF.

Une dizaine de dirigeants avaient été invités, mais aucun d'eux n'était présent dimanche à Lusaka.

Outre le drame humain qu'il représente pour des millions d'Africains, le SIDA constitue aussi un risque énorme pour le développement économique du continent.

La Banque mondiale a demandé aux dirigeants africains, au secteur privé et à toute la société de faire de la crise provoquée par le SIDA/HIV dans l'Afrique sub-saharienne une priorité dans leurs programmes nationaux pour faire cesser cette menace contre le développement.

Décimés par le virus, les jeunes - classe d'âge la plus dynamique et la plus productives économiquement - hypothèquent le développement futur du continent.

Le SIDA en Afrique est une catastrophe massive pour le développement, a insisté Peter Piot.

La maladie a déja tué plus de onze millions d'Africains depuis les années 80 et sa propagation hypothèque maintenant la survie même des populations africaines, a souligné le directeur pour l'Afrique de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), Ibrahim Samba.

M. Samba a révélé que la moitié des femmes enceintes du continent était infectées par le virus HIV, faisant courir le risque de transmission de la maladie aux nouveaux nés.

Dans le monde 95% des orphelins du SIDA sont africains et sur 33 millions de personnes vivant avec le virus, 22,5 millions se trouvent en Afrique.

Pour la seule année 1998, 1,4 million de personnes sont mortes du SIDA en Afrique orientale et australe, selon l'UNICEF, et la maladie a dépassé les conflits armées comme première cause de mortalité dans cette région.

Face à cette situation catastrophique, M. Samba a lancé un appel pour que la pandémie soit qualifiée de désastre mondial afin qu'une volonté politique plus forte soit exprimée pour gagner la bataille contre la pandémie.

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