LUSAKA, 12 sept (AFP) - La conférence internationale sur le SIDA en Afrique qui s'ouvre dimanche à Lusaka va tenter de définir une stratégie contre ce fléau qui a fait plus de victimes que la guerre en Afrique orientale et australe.
Une dizaine de chefs d'Etat ou de gouvernement africains sont invités à cette 11ème conférence internationale sur le SIDA et les maladies sexuellement transmissibles en Afrique (CISMA), au cours de laquelle quelque 5.000 participants doivent faire des propositions.
Cette conférence de cinq jours se tient en pleine situation d'urgence, notamment dans des pays comme le Zimbabwe, où les cimetières sont pleins et les hôpitaux incapables de faire face à l'afflux des malades qui occupent parfois les quatre cinquièmes des lits.
Selon l'ONU, le Zimbabwe est le pays le plus touché au monde par le SIDA: un adulte sur quatre y est séropositif ou malade et 1.200 personnes meurent chaque semaine. Avec plus d'un quart des 5,5 millions d'adultes infectés par le VIH ou malades, le nombre d'orphelins du SIDA atteindra 900.000 en l'an 2000.
Outre des hommes politiques, des scientifiques et des malades, des représentants de l'industrie pharmaceutique sont au rendez-vous de Lusaka et ils risquent d'être rapidement mis sur la sellette en raison du coût prohibitif des médicaments.
Si la nevirapine, qui permet de réduire de moitié le risque de transmission du virus de la mère à son enfant, ne coûte que quatre dollars US en tout, pour la mère et son bébé, certains nouveaux cocktails de médicaments coûtent 12.000 dollars.
A l'heure actuelle, plus de 95% des personnes infectées par le virus vivent dans les pays en développement, et plus de 70% en Afrique.
Le continent a déjà payé un lourd tribut à la maladie, mais le pire est peu-être à venir. Décimées par le virus, les jeunes et les classes d'âge les plus dynamiques et les plus productives économiquement vont faire porter un lourd handicap à l'Afrique.
Dans de nombreux villages d'Afrique australe, il ne reste plus que quelques vieillards, la plupart dépourvus d'argent, pour s'occuper parfois d'une douzaine d'enfants abandonnés.
La situation n'est cependant pas désespérée: l'exemple de l'Ouganda, qui a réussi par des campagnes systématiques à faire reculer le SIDA, montre que des solutions existent.
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