AEGiS-AFP News: Afrique-SIDA: Le SIDA dépasse la guerre comme 1e cause de mort dans certaines régions agence france-presse
click here to return to agence france-presse main menu

Afrique-SIDA: Le SIDA dépasse la guerre comme 1e cause de mort dans certaines régions
Susan NJANJI
Agence France-Presse - sept 11, 1999

LUSAKA, 11 sept (AFP) - Pour la première fois, le SIDA a tué plus que la guerre en Afrique orientale et australe et constitue aujourd'hui le défi le plus important du continent: les participants à la conférence sur le SIDA, vont tâcher de le relever à partir de dimanche à Lusaka.

Plus de 5.000 délégués --chefs d'Etat, savants, malades...-- vont tenter pendant cinq jours de trouver les moyens de freiner la progression du SIDA qui a dépassé le paludisme comme maladie mortelle numéro un sur tout le continent.

Mais les efforts déployés à cette fin se heurtent à d'énormes obstacles, en particulier le coût prohibitif des médicaments et les traditions culturelles africaines qui perpétuent la dissémination de la maladie.

David Parirenyatwa, vice-ministre zimbabwéen de la Santé, dont le pays, selon l'ONU, est le plus frappé au monde par la maladie, attend surtout de la conférence qu'elle aboutisse à la fourniture de médicaments produits dans la région à des prix abordables.

Les pratiques culturelles africaines ont aussi nui aux efforts pour modifier les comportements sexuels et limiter le développement du SIDA.

Pour M. Parirenyatwa, "il est nécessaire de lancer des recherches sur le changement du comportement humain pour comprendre ce qui fait que les gens ne changent pas".

De nombreuses pratiques font que les programmes de prévention contre le virus VIH en Afrique sont souvent inefficaces.

Au Zimbabwe, certaines familles font un don définitif d'un enfant, souvent une fille, pour apaiser ce qu'elles appellent les "esprits vengeurs". Quand quelqu'un a commis un meurtre, les esprits vont le poursuivre, même s'il a déjà payé sa dette en prison. La seule manière d'interrompre ces tourments, c'est de donner une fille à la famille de la victime qui l'utilise comme épouse ou comme objet sexuel.

En Afrique, les guérisseurs traditionnels prescrivent parfois à un homme malade du SIDA de faire l'amour avec une vierge, souvent une enfant extrêmement jeune, pour le purifier de la maladie.

Pour le ministre zimbabwéen de la Santé Timothy Stamps, ces pratiques propagent le SIDA: "Elles doivent être éradiquées. C'est vraiment le mal, c'est horrible".

Les pratiques culturelles, la médecine traditionnelle et des centaines d'autres sujets sont à l'ordre du jour de la conférence dans la capitale de la Zambie, un des pays les plus touchés par le SIDA.

Les délégués de 25 pays évoqueront aussi les conséquences socio-économiques du SIDA qui ont provoqué une pauvreté encore plus forte, le dilemme qui consiste à choisir entre nourrir au sein un bébé quand une mère est séropositive ou ne pas le faire et exposer le nourrisson à d'autres maux.

En dépit de tous les efforts déployés, les échecs dépassent les succès en Afrique dans la lutte contre le SIDA. Le problème principal demeure le manque d'argent.

Un Africain dépensant en moyenne moins de dix dollars US par an pour les soins de santé, un nouveau cocktail de médicament qui coûte 12.000 dollars par an est hors de sa portée: la majorité des 22 millions d'Africains infectés par le VIH n'y auront pas accès.

Peu d'Africains peuvent s'offrit l'AZT qui prolonge la vie et l'industrie pharmaceutique occidentale a été attaquée sur le coût des médicaments et les brevets.

Les sociétés américaines ont été critiquées pour empêcher le Brésil d'exporter l'équivalent de l'AZT, la Zidovudine, qui limite la transmission de la maladie de la mère à l'enfant et prolonge la vie pour un centième du prix de l'AZT.

"Qu'est-ce qui est plus important, les droits et les brevets ou bien les droits des malades? Moralement, c'est une honte", a déclaré Timothy Stamps.

En juillet dernier, le directeur adjoint de l'UNICEF, Stephen Lewis, avait exprimé aussi son indignation: "Il est moralement indéfendable, il est moralement invraisemblable, révoltant, odieux, choquant et affreux que l'Occident soit prêt à consacrer 40 milliards de dollars et davantage à la guerre dans les Balkans et à la reconstruction économique du Kosovo, et moins d'un pour cent pour sauver la vie de dizaines de millions d'enfants, femmes et hommes en Afrique".

990911
AF990933_FR


ÆGIS is made possible through unrestricted grants from Boehringer Ingelheim, the National Library of Medicine, and donations from users like you. Always watch for outdated information. This article first appeared in 1999. This material is designed to support, not replace, the relationship that exists between you and your doctor.

© Agence France-Presse 1999. Tous droits de reproduction et de représentations réservés. Toutes les informations, textes, photos, graphiques reproduites sur ce site ainsi que le logo de l'AFP sont protégés par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'Agence France-Presse. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.  http://www.afp.com/


©1990, 2000 - ÆGiS. ÆGiS presents published material, reprinted with permission and neither endorses nor opposes any material. All materials appearing on ÆGIS are protected by copyright as a collective work or compilation under U.S. copyright and other laws and are the property of ÆGIS and the Sisters of Saint Elizabeth of Hungary, or the party credited as the provider of the content.