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Afrique-santé-SIDA: Les ministres africains de la Santé déclarent la guerre au SIDA
Bronwen ROBERTS
Agence France-Presse - sept 2, 1999

WINDHOEK, 2 sept (AFP) - Les ministres africains de la Santé ont déclaré jeudi la guerre au SIDA en s'engageant à lancer des campagnes intensives de sensibilisation, à promouvoir l'abstinence, la fidélité et l'utilisation des préservatifs pour enrayer la propagation de la pandémie.

Le SIDA, l'épidémie qui décime le continent africain et a touché le plus grand nombre de personnes en 1998, a été au coeur des discussions de la conférence annuelle de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui regroupe dans la capitale namibienne pour cinq jours, jusqu'à vendredi, les ministres et responsables de la Santé de 46 pays d'Afrique sub-saharienne.

Les responsables ont repris espoir devant l'exemple de l'Ouganda, le seul pays d'Afrique à avoir fait baisser un taux de contamination très élevé.

En 1992, selon les chiffres communiqués lors de la conférence, 17 % des adolescentes ougandaises sexuellement actives étaient séropositives; cette proportion était tombée à près de 6 %, pour la même tranche d'âge à la fin de l'année 1998.

Des campagnes intensives d'hygiène et de sensibilisation et la transparence sur la pandémie ont permis cette chute, a expliqué jeudi le directeur régional de l'OMS en Afrique, Ebrahim Samba.

A l'image de l'Ouganda, les pays africains doivent promouvoir l'abstinence, la fidélité et l'utilisation des préservatifs comme les moyens prophylactiques les plus efficaces, a affirmé M. Samba.

"Nous devons continuer véritablement à prêcher", a confirmé la ministre namibienne de la Santé, Libertina Amathila.

"J'espère que si nous intensifions vraiment (les campagnes de sensibilisation) nous en finirons avec ce fléau, mais cela n'arrivera pas l'année prochaine", a-t-elle déclaré.

L'OMS a également débattu de la question de savoir si les personnes contaminées dans la région devraient obligatoirement en informer les autorités, afin de briser le tabou et la loi du silence qui interdisent aux victimes de recevoir des soins appropriés, a révélé M. Samba aux journalistes.

"Nous ferons en sorte que ces discussions se poursuivent et, en raison de la propagation du SIDA, la loi du silence, la discrimination et la confidentialité devraient appartenir au passé", a-t-il assuré.

Si les autorités médicales sont informées des cas de SIDA, cela "nous permettra d'obtenir des statistiques correctes, car, à ce jour, personne ne peut vous dire exactement combien de personnes sont atteintes", a ajouté le coordonateur.

Près de 70% des 5,8 millions de nouveaux cas de séropositivité dans le monde en 1998 ont été recensés en Afrique sub-saharienne, où environ 23 millions de personnes ont contracté la maladie, selon des chiffres de l'OMS. Le SIDA y a supplanté le paludisme comme première cause de mortalité.

"Il faudra du temps pour que l'impact de ces interventions se manifeste", a précisé à l'AFP le conseiller régional de l'OMS sur le SIDA, Peter Fasanto.

La Tanzania, la Zambie et le Sénégal montrent des signes prometteurs de contrôle du taux de contamination, selon lui.

Le choc du SIDA s'est diffusé dans la région par vagues, de l'Afrique centrale et orientale vers l'Afrique australe, où il est devenu un problème de santé prioritaire, a expliqué M. Fasan.

"Je suis certain que la prochaine étape sera l'Afrique de l'ouest", a-t-il prophétisé.

En Afrique centrale, le SIDA a culminé à un taux de séropositivité de 30 % de la population, avant de se stabiliser.

Il est possible d'en déduire que la pandémie devra atteindre le même niveau dans d'autres parties du continent avant de refluer, a estimé Peter Fasan.

En Afrique australe, près de 12 % de la population adulte a été contaminée, selon les données de l'agence onusienne de lutte contre le SIDA (ONU-SIDA).

"Nous ne sommes pas en train de perdre la bataille (contre le SIDA). C'est un très dur combat, très ingrat, qui provoque beaucoup de souffrance, mais nous ne sommes absolument pas en train de perdre", a affirmé Peter Fasan.

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