WINDHOEK, 30 août (AFP) - L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a affirmé lundi sa volonté "inébranlable" de lutter contre le SIDA à l'ouverture d'une réunion de cinq jours regroupant dans la capitale namibienne les ministres et responsables de la Santé de 46 pays d'Afrique sub-sahariennes.
Mme Gro Harlem Brundtland, directrice-générale de l'organisation, a affirmé la détermination de l'OMS de "faire face à la véritable crise qui se développe en Afrique australe, où l'espérance de vie a été diminuée de 10 à 15 ans en raison de l'impact du SIDA".
L'an dernier, 70% des 5,8 millions de nouveaux cas de séropositivité dans le monde ont été comptabilisés en Afrique sub-saharienne, selon des chiffres de l'OMS, et la maladie y a dépassé le paludisme (malaria) comme première cause de mortalité. Cette région compte pour 80% des décès dûs à la maladie dans le monde.
Selon l'OMS, les facteurs principaux de la rapide expansion du SIDA en Afrique sont la pratique trop répandue de sexe sans préservatifs, et un trop faible accès aux soins et à l'information.
La section régionale de l'OMS projette un programme d'un million de dollars pour le SIDA en Afrique sub-saharienne, où la maladie vient de dépasser la malaria (1,5 millions de morts) comme première maladie tueuse.
Mme Brundtland a aussi souligné que "même sans le virus du SIDA pour allié mortel, la tuberculose est une menace globale majeur pour la santé, qui requiert une réponse urgente et massive".
La responsable de l'OMS a également souligné que la malaria était un "élément critique" pour la santé dans la région. Près d'un million et demi de personnes y meurent chaque année de cette maladie.
Sur une note plus optimiste, Mme Brundtland a indiqué que le monde en était "à l'effort final pour l'éradication de la polio", grâce à un programme massif d'immunisation.
"Un monde libéré de la polio -- quel cadeau pour les générations du siècle futur", a-t-elle dit.
Elle a toutefois mis en garde contre "une épidémie émergeante dans le monde en développement", le tabagisme, tout en se félicitant d'un début d'attitude commune des pays africains pour y faire face.
La réunion de Windhoek, qui regroupe 400 participants jusqu'à vendredi, avait été ouverte par le président namibien Sam Nujoma, qui a lancé un appel à l'accroissement des ressources pour soulager le continent du poids des maladies qui le ravagent.
"Les ressources financières globales ne sont pas en proportion avec l'effet que ces maladies imposent à notre continent", a dit le président namibien.
M. Nujoma a souligné que "pas moins de vingt" pays, sur les 46 que regroupe l'Afrique sub-saharienne étaient "impliqués dans une forme ou une autre de conflit armé".
"Les conflits armés apportent leur cortège de mort, de handicaps, de déplacements de populations et de destructions de biens", a-t-il dit. "Cela augmente la pression sur les capacités du système de santé à fournir des services adéquats".
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