BERLIN, 15 août (AFP) - L'industrie pharmaceutique allemande pourrait bien se retrouver éclaboussée par un nouveau scandale du sang contaminé, mais cette fois par le virus de l'hépatite C, souvent mortel, écrit Der Spiegel.
L'Association allemande des hémophiles (DHG) vient de réclamer des indemnités à l'industrie pharmaceutique, rapporte l'hebdomadaire dans son édition à paraître lundi: elle l'accuse d'avoir contaminé des malades avec des produits sanguins importés des Etats-Unis et porteurs non seulement du virus du SIDA, mais aussi du virus de l'hépatite C, alors qu'elle avait les moyens d'empêcher la contamination par l'hépatite en s'en tenant aux contrôles de rigueur à l'époque en Allemagne.
La DHG exige une indemnisation pour 3.000 hémophiles contaminés entre 1976 et 1984, précise le Spiegel.
L'industrie pharmaceutique, qui avait déjà versé 250 millions de marks en réparation aux hémophiles contaminés par le SIDA, risque ainsi d'avoir à payer de nouveau, anticipe le Spiegel sans citer de chiffre précis.
Un test imposé par les autorités médicales allemandes en novembre 1976 aurait permis d'empêcher la contamination, même si le virus n'avait pas encore été découvert à la fin des années 70, dit le magazine. Le test en question, qui établit si le donneur souffre d'une maladie du foie, n'aurait été introduit aux Etats-Unis qu'en 1986, selon le Spiegel. Mais, indique le journal, le test s'imposait en Allemagne aux plasmas sanguins en provenance des Etats-Unis, ajoute-t-il.
Or, entre 1976 et 1986, 90% des plasmas utilisés sur le marché allemand étaient importés des Etats-Unis, indique le journal.
La DHG se fonde sur le doctorat d'un député conservateur, ancien président d'une commission d'enquête parlementaire sur le SIDA, Gerhard Scheu, qui taxe les industriels "d'agissement délictueux".
Parmi les sociétés mises en cause par la DHG: Bayer et les fabricants de plasma Baxter, Biotest, Centeon, Grifols et Pharmacia/Upjohn. La réponse des industriels à la DHG n'est pas encore prête, selon le président de la communauté d'intérêt qui les regroupe, Roloff Johannsen, cité par le Spiegel.
Les industriels se retranchent cependant derrière une expertise selon laquelle le test invoqué par la DHG n'est pas sûr, croit savoir l'hebdomadaire.
La DHG menace de porter l'affaire devant la justice si elle n'obtient pas d'indemnités.
Le Spiegel n'exclut pas que d'autres malades qui, sans être hémophiles, auraient été contaminés par l'hépatite C lors d'un séjour à l'hôpital, s'associent aux revendications de la DHG. Le nombre de malades de l'hépatite en Allemagne est estimé à 200.000.
Le Spiegel met aussi en cause la ministre de la Santé Andrea Fischer qui, alertée par la DHG en novembre, n'aurait rien fait depuis.
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