HARARE, 4 août (AFP) - L'épidémie de SIDA au Zimbabwe, qui tue plus de 300 personnes par jour, a provoqué une importante chute de la production des denrées agricoles de base dans le pays, a estimé mercredi une spécialiste de la maladie.
Des études ont montré que "la production de maïs a chuté de 61%, la production de coton de 47% et la production de légumes de 49% à cause du SIDA", a indiqué Kerrry Kay, spécialiste du SIDA au sein du syndicat des fermiers (Commercial Farmers Union, CFU).
Mme Kay - qui s'exprimait lors d'un congrès annuel de ce syndicat dominé par les fermiers zimbabwéens blancs - a par ailleurs fustigé le gouvernement zimbabwéen, qui, selon elle, ferme l'oeil sur le problème du SIDA.
Alors que les chiffres officiels font état de 300 morts par jour, des estimations avancent le chiffre de 700, a-t-elle indiqué.
Mme Kay a jugé que le gouvernement se réfugiait derrière des arguments budgétaires pour ne rien faire, alors qu'il dépense des millions de dollars dans le conflit en République démocratique du Congo (RDC).
Selon les chiffres officiels, Harare dépense près de deux millions de dollars US par mois pour soutenir le régime de Kinshasa, tandis que le département d'Etat en charge de la coordination des programmes anti-SIDA ne reçoit que 26.000 dollars.
Chaque jour, 300 nouvelles infections par le virus apparaissant dans le pays, et les primes d'assurance vie ont quadruplé en deux ans, a indiqué Mme Kay.
Le Zimbabwe est le deuxième pays d'Afrique sud-saharienne à être le plus touché par le virus, après le Botswana.
Depuis 1985, quelque 1,6 millions de Zimbabwéens -sur une population de 12 millions d'habitants- ont été infectés par le virus, et au moins 600.000 enfants sont des orphelins de victimes de cette maladie.
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