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UNICEF-pauvres-Afrique: Le SIDA fait plus de victimes que la guerre dans le sud et l'est de l'Afrique
Agence France-Presse - Juillet 22, 1999

NAIROBI, 22 juil (AFP) - Le Sida a dépassé la guerre comme première cause de mortalité en Afrique orientale et australe, où la pandémie a emporté 1.4 million de victimes pour la seule année 1998, a révélé le Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF) dans son rapport annuel publié jeudi.

Sur 590.000 enfants infectés en 1998 dans le monde, 530.000 étaient africains. Sur 14 millions de personnes déjà mortes du Sida dans le monde, 11 millions vivaient sur le continent noir et un quart étaient des enfants.

"Nous sommes face à un virus mortel qui a ébranlé l'édifice social dans toute l'Afrique, créant une génération d'orphelins à l'avenir douteux et effrayant", a averti le directeur adjoint de l'UNICEF, Stephen Lewis, lors de la diffusion du rapport à Nairobi.

La pandémie a fait six millions d'orphelins en Afrique orientale et australe, soit plus de 70 pour cent du total mondial. L'Ouganda détient le record du nombre d'orphelins: 1,1 million, devant l'Ethiopie (700.000).

Le rapport annuel, intitulé "Progrès des Nations", signale que le Sida risque de faire exploser les taux de mortalité infantile avec une augmentation de 75 pour cent et de mortalité des moins de cinq ans, de 65 pour cent, en Afrique d'ici 2010, a relevé M. Lewis.

Au Botswana, par exemple, le Sida devrait être la cause de 64 pour cent des morts d'enfants de moins de cinq ans d'ici l'année prochaine. En Afrique du Sud et au Zimbabwe, il devrait faire doubler le nombre de morts d'enfants, a ajouté M. Lewis.

M. Lewis a adjuré les gouvernements africains de briser la "conspiration du silence" autour du SIDA et de mettre hors-la-loi la discrimination envers les personnes frappées par la maladie.

L'UNICEF rappelle que les thérapies modernes anti-Sida sont inaccessibles aux pays pauvres et que des ressources y sont "nécessaires de toute urgence" pour soigner et prévenir la pandémie. Le rapport appelle à l'annulation immédiate de la dette de certains des pays les plus pauvres.

"Il est moralement indéfendable, il est moralement invraisemblable, révoltant, odieux, choquant et affreux que l'Occident soit prêt à consacrer 40 milliards de dollars et davantage à la guerre dans les Balkans et à la reconstruction économique du Kosovo, et moins d'un pour cent pour sauver la vie de dizaines de millions d'enfants, femmes et hommes en Afrique", s'est indigné M. Lewis.

"La patience de l'UNICEF est à bout, comme celle de beaucoup d'autres agences spécialisées des Nations unies", at-il lancé.

"Chaque bébé qui naît en Mauritanie aujourd'hui débute dans la vie avec une dette de 997 dollars", souligne le rapport. L'Afrique sub-saharienne dépense plus pour le service de sa dette de 200 milliards de dollars que pour la santé et l'éducation de ses 306 millions d'enfants, selon le rapport. En Tanzanie, au Kenya ou au Malawi, son remboursement absorbe 40% des dépenses publiques, alors que les services sociaux ne reçoivent que 7% à 13%.

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