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Sida : la circoncision réduit de moitié les risques d'infection (Lancet)

Agence France-Presse - février 23, 2007

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PARIS, 23 fév 2007 (AFP) - La circoncision divise au moins par deux les risques d'infection par le virus du sida (VIH), selon les résultats publiés vendredi, dans la revue médicale britannique The Lancet, de deux essais conduits au Kenya et en Ouganda.

Les conclusions présentées en 2005 d'une étude similaire effectuée en Afrique du Sud se voient confirmées.

L'arrêt prématuré le 12 décembre des essais entamés à partir de septembre 2005 au Kenya et en Ouganda avait été annoncé par l'Institut national des allergies et maladies infectieuses (NIAID, Etats-Unis) qui a participé à leur financement.

Compte tenu des résultats flagrants, la circoncision rapide des participants non encore circoncis (groupes de contrôle) a été recommandée sans attendre la fin des essais qui devaient initialement se prolonger jusqu'à mi-2007.

L'étude menée à Kisumu (Kenya) sur 2.784 hommes séronégatifs (dont 1.391 circoncis) âgés de 18 à 24 ans montre que le risque de contracter le virus est réduit d'au moins 53% chez les hommes circoncis. La seconde étude à laquelle 4.996 hommes (dont la moitié circoncis immédiatement) de 15-49 ans ont pris part à Rakai (Ouganda), fait état d'une réduction du risque d'infection d'au moins 51% chez les circoncis.

Lors des deux essais de 65 à 69 participants ont été infectés : 22 circoncis et 43 non circoncis en Ouganda; 22 circoncis et 47 non circoncis au Kenya, selon les résultats communiqués par le NIAID en décembre.

Un précédent essai mené de 2002 à 2005 en Afrique du Sud, à Orange Farm, par l'Agence nationale de recherche sur le sida (ANRS, France) sur 3.274 hommes hommes, avait montré que la circoncision réduisait de 60% le risque de d'infection masculine. Un succès qui avait également conduit à l'arrêt prématuré de l'essai.

"Ces trois essais randomisés fournissent maintenant la preuve que le risque d'attraper le VIH est réduit de moitié par la circoncision masculine", soulignent Marie-Louise Newell et Till Barnighausen (Université de KwaZulu-Natal en Afrique du Sud, Harvard School of Public Health).

"Cependant, la circoncision masculine ne donne pas une protection à 100%, et les préservatifs restent une part importante de la prévention face au VIH", mettent-ils en garde dans un commentaire publié dans The Lancet.

Ils calculent que la circoncision pourrait éviter 35.000 nouvelles infections en 2007 chez les 2,5 millions d'hommes de la province sud-africaine KwaZulu-Natal, où l'incidence de l'infection par le VIH est très élevée, et le taux de circoncision jusque là faible.

La prudence est toutefois conseillée dans la mise en place de politiques encourageant la circoncision. Se croire protégé pourrait encourager une réduction de l'usage du préservatif et une prise de risque accrue, relèvent ces spécialistes.

La nécessité d'assurer la circoncision dans de bonnes conditions d'hygiène est également soulignée.

L'effet protecteur de la circoncision pourrait être lié à la transformation de la muqueuse, riche en cellules immunitaires cibles du VIH, qui recouvre le gland. Après l'opération, une couche protectrice de cellules épithéliales semblables à celles recouvrant la peau se forme sur la muqueuse, "ce qui limite l'entrée virale dans les cellules cibles du VIH qui se trouvent en dessous", notent Robert Baley (Université de Chicago) et ses collègues ayant participé à l'étude menée au Kenya.

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